The Project Gutenberg EBook of Antiquits d'Herculanum, Tome VI., (Vol. 6
of 6), by Tommaso Piroli, Pietro Piranesi, and Francesco Piranesi

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Title: Antiquits d'Herculanum, Tome VI., (Vol. 6 of 6)

Author: Tommaso Piroli, Pietro Piranesi, and Francesco Piranesi

Release Date: December 5, 2005 [EBook #17236]

Language: French

Character set encoding: ISO-8859-1

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                       ANTIQUITS D'HERCULANUM



                              GRAVES
                          PAR TH. PIROLI

                               AVEC
                 UNE EXPLICATION PAR S.-Ph. CHAUD;

                           ET PUBLIES
                   PAR F. ET P. PIRANESI, FRRES.



                             TOME VI.

                      LAMPES ET CANDLABRES.


 PARIS


     {PIRANESI, Frres, place du Tribunat, n. 1354;
CHEZ {LEBLANC, Imprimeur-Libraire, rue de la Paix, maison
     {Abbatiale Saint-Germain-des-Prs, n. 1.



                         AN XIV. = 1806.



AVERTISSEMENT



Ce 6e volume, contenant les Lampes et les Candlabres, fait, dans notre
division, la troisime partie des Antiquits d'Herculanum, et, dans
des monumens plus simples, offre un degr d'intrt qui le rend encore
prcieux aprs l'exposition des Peintures et des Bronzes. Les Lampes
(_lucern_ ou _lychni_), consacres par les besoins usuels et par la
pit, se sont tellement multiplies, qu'il en est parvenu un grand
nombre jusqu' nous; les Antiquaires les ont divises en plusieurs
classes, sous les dnominations de _lampes sacres, lampes domestiques_
et _lampes spulcrales_. Montfaucon observe judicieusement que, malgr
ces distinctions, il serait trs-difficile d'assigner  chacun de ces
monumens sa classe particulire. En effet, celles que nous publions ont
presque toutes t trouves dans les maisons, et ne diffrent pas des
lampes spulcrales publies par Bellori ou par d'autres; il ne parat
mme pas que celles qu'on allumait dans les temples, et qui devraient
tre proprement dites _sacres_, soient absolument distinctes des
autres; et il est vraisemblable qu'on se servait indiffremment de
toutes dans les crmonies religieuses et dans l'usage priv. La varit
des formes et des emblmes dpendait du caprice des artistes ou de la
fantaisie de celui qui faisait fabriquer ces objets. On trouve dans
les inscriptions,  _la Fortune domestique_,  _Jupiter domestique_,
_Minerve domestique, etc._; c'est alors le signe d'une dvotion
particulire, et on peut en dire autant de toutes les lampes qui portent
la figure de quelque divinit; ce sont ces sortes de lampes que nous
nommerons _sacres_. Beaucoup d'autres sont relatives  la profession
ou aux gots de leurs possesseurs. Celles qui portent des figures de
gladiateurs peuvent tre considres comme lampes spulcrales; elles
peuvent aussi se classer parmi celles destines  clairer les salles
d'exercices des gladiateurs, et mme les choppes ou les boutiques des
amphithtres, des thtres et des cirques. Nous aurons soin, au
reste, de ne point omettre, dans le cours de nos explications, les
particularits plus ou moins curieuses qui peuvent jeter quelque jour
sur les usages des anciens: si cette matire a t puise par une foule
de savans auteurs, dont nous nous plaisons  rpter les opinions plutt
qu' donner les ntres, nous prions nos lecteurs de considrer que nous
n'avons pour but que d'aider leur mmoire, en examinant avec eux les
monumens dont nous leur offrons une copie fidelle.

Les lampes taient ordinairement de bronze ou de terre cuite, et l'on
aura souvent occasion d'admirer, dans les lampes de cette dernire
espce, combien tait rpandu le sentiment du beau, et de se confirmer
dans cette observation: que si des hommes ingnieux font la gloire de
leur sicle, la gloire de ce mme sicle conserve long-temps, parmi
leurs successeurs, l'esprit dont les premiers furent anims, et fait
revivre cet esprit aprs les nuits de la barbarie. On ne saurait donc
trop applaudir aux efforts des artistes qui tendent, en profitant des
exemples de l'antiquit,  rpandre ce got conservateur dans tout ce
qui appartient aux besoins les plus familiers. Pour nous, nous croirons
avoir peu fait pour les arts, si l'imitation par la gravure des objets
prcieux que la dcouverte d'Herculanum a rendus  la lumire, ne
faisait natre, dans les productions du got, des imitations plus
solides et plus heureuses.



                     DES ANCIENNES VILLES
            DTRUITES PAR LES RUPTIONS DU VSUVE.


L'origine d'_Herculanum_, ville d'Hercule, ou consacre  Hercule,
_Herculaneum sive Herculanium_ (_oppidum_), se perd dans la nuit des
temps fabuleux. Si parmi les hros qui ont port le nom d'Hercule, on
suit les aventures de l'Hercule Thbain, on voit celui-ci s'arrter,
aprs avoir consomm de grands travaux en Italie, et se reposer dans _la
Campagne heureuse_. L il clbre ses victoires en consacrant aux Dieux
la dixime partie des dpouilles (_Dionys. Halic, l. I_), et fonde la
petite ville qui porte son nom,  l'endroit o son navire avait fait sa
station. Cette mme ville est appele par Ptrone, _Herculis Porticus_;
d'o lui est venu, sans doute, son nom moderne de _Portici_. Avant la
dcouverte d'Herculanum, personne n'avait su dterminer, avec prcision,
la situation de cette ancienne ville; il n'en restait pas mme de trace
sensible dans ce nom de _Portici_. Cette habitation royale  quatre
milles environ de Naples, spare de _Rsina_ par une seule rue, cachait
la ville antique sous ses fondemens. Ces deux villes sont presque
de niveau avec la mer; en sorte que le sol d'Herculanum se trouve
trs-abaiss, ou qu'il faut que la mer se soit beaucoup leve.
Winckelmann, qui fait cette observation (_lettre au comte de Brhl_),
croit  ce dernier phnomne. Il observe que sur les ctes de Hollande,
la mer est manifestement plus haute que la terre; ce qui ne devait pas
tre avant que l'industrie humaine et prescrit des limites  la mer.
Les btimens d'Herculanum sont encore dans leur ancienne assiette;
tat tout--fait contraire  l'opinion qu'ils se soient affaisss. On a
cherch  rendre raison du nom de _Rsina_, en le faisant driver de la
_villa Retina_, dont parle Pline le jeune dans la lettre o il dcrit
l'ruption du Vsuve (_lib. VI, epist. 16_). Mais il parat par le
texte, malgr la diversit des leons, que cette _villa_ tait situe
prs de _Misenum_, c'est--dire  environ douze milles du Vsuve, et
qu'il n'y a aucun rapport de _Retina_  _Resina_.

La ville de _Pompia_, qui subit le mme sort qu'Herculanum, parat
avoir eu une commune origine. Son nom vient des pompes et ftes
d'Hercule (_Serv. in n. VIII, v. 662_). En crivant _Pompia_, dans le
cours de cet ouvrage, nous avons suivi un usage vulgaire qui pourrait
nous mriter un reproche. Les auteurs latins crivent Pompeii, au
pluriel; les Franais conservent ordinairement la terminaison latine.
Strabon dit _Pompeia_, et son traducteur, _Pompeiam, quam Sarnus
prterfluit_. Cet exemple peut faire autorit en notre faveur. Les
ruines de Pompia se trouvent aujourd'hui sur le chemin de Salerne, prs
d'un village maritime, appel _Torre dell'Annunziata_,  dix milles de
Naples et six de Portici. L'emplacement qu'elles occupent est loign
d'un demi-mille environ du cours actuel du _Sarnus_ (aujourd'hui
_Sarno_), soit que cette diffrence ait pour cause les bouleversemens
produits par les ruptions et les tremblemens de terre, soit que le port
se trouvt situ  quelque distance de la ville; ce qui n'est point
sans exemple. Cette situation favorable faisait de Pompia l'entrept du
commerce de _Nola_, de _Nuceria_ (_Nocerra_), et d'_Acerr_ (_Acerra_).

Stabie (_Stabi_), dit Winckelmann, tait situe dans le terrain
qu'occupe  prsent _Gragnano_, et non comme le prtend Cluvier dans
l'endroit o est aujourd'hui _Castell'-a-mare_, sur le bord de la mer.
L'ancienne Stabie, suivant Gallien, en tait loigne de huit stades;
ce qui s'accorda avec la situation que nous lui donnons. Cette ville fut
dtruite par Sylla dans la guerre des Marses; et du temps de Pline, on
n'y voyait plus que des maisons de plaisance; c'est le rivage o Pline
l'ancien prit victime de son courage.

Indpendamment de ces villes principales, tout le rivage tait couvert
d'habitations agrables qu'on btissait quelquefois jusque dans la
mer, pour y trouver la fracheur que produit le mouvement des flots.
La fertilit qui jaillissait des causes mme de destruction, a, de tout
temps, rpandu sur ces lieux dangereux, un charme dont les vnemens les
plus dsastreux n'ont pu dtruire le prestige. Nous voyons encore de nos
jours des jardins dlicieux creuss dans la lave;  peine ces fleuves de
marbre et de mtaux fondus sont-ils refroidis, qu'on vient chercher sur
leurs bords l'habitation qu'ils ont pargne; on creuse leurs flancs
pour dcouvrir le sol; on taille, on enlve leurs riches dbris, pour
construire des difices, pour consolider des routes qui doivent tre
de nouveau abmes par les torrens destructeurs, Le pav des villes
antiques mmes tait form de laves. La premire ruption dont
l'histoire ait conserv le souvenir, est celle qui eut lieu la premire
anne du rgne de Titus, l'an 79 de l're chrtienne, celle  laquelle
on a attribu la destruction totale des villes dterres dans le sicle
dernier. Avant l'poque dont nous venons de parler, les tmoins nombreux
qui annonaient le voisinage d'un ennemi aussi redoutable que l'tna,
semblaient tre muets pour les habitans de ces contres. Si la tradition
des anciennes fureurs de quelques volcans avait t conserve par les
potes, elle tait comme relgue dans le domaine des fictions. La
fable des Gans phlgrens, la description que Virgile fait des enfers,
description qui nous guide encore aujourd'hui pas  pas sur les mmes
lieux, en renferment les traces les plus sensibles: mais il n'est
question que des campagnes de Cumes; et l'on est surpris de voir
l'auteur des Gorgiques parler de la fertilit du Vsuve, sans remonter
 la cause dangereuse qui la produit, et qu'il semble tout--fait
ignorer. Pline l'ancien, qui porta si loin ses recherches sur l'histoire
naturelle,  qui l'incendie du Vsuve fut si funeste, parle deux fois de
cette montagne clbre par ses vins, sans paratre instruit de la nature
sulphureuse du sol. Cette remarque n'avait point chapp  l'exact
Strabon, qui parle d'ailleurs (_liv. V_) du sommet du Vsuve, comme
d'un volcan teint. Diodore de Sicile (_l. IV_), parle aussi des traces
d'embrsemens qu'offre la montagne, mais sans entrer dans aucun dtail.

Il est constant que ces apparences de la nature volcanique du Vsuve
avaient peu frapp les anciens, et l'on voit que leurs plus habiles
observateurs y avaient  peine fait attention. S'il est prouv par
l'ancien tat du sol, mis  dcouvert dans les fouilles, qu' une poque
trs-recule le Vsuve s'tait signal par de grandes ruptions, il
faut supposer qu'elles eurent lieu avant que ces contres ne fussent
habites. Comment, en effet, le souvenir d'vnemens aussi terribles se
serait-il effac de la mmoire des hommes? Ce souvenir ne se serait-il
point, au contraire, perptu par la tradition? Et cette tradition, les
prtres et les potes, toujours amis du merveilleux, ne l'auraient-ils
point avidement recueillie? En vain la cherche-t-on dans quelques potes
latins; un passage de Lucrce (_liv. VI, v._ 747), o il est seulement
question des eaux chaudes du mont Vsuve, ne fait point autorit. D.
Marcello Venuti remarque mme qu'on a fait subir  ce passage diverses
corrections, pour y faire entrer le nom du volcan.

On a cit, comme une autorit plus prcise, ces vers de
Valerius-Flaccus:

    _Sic ubi prrupti tonuit cum fort Vesevi
    Hesperi lethalis apex._

Et ceux-ci de Silius-Italicus:

    _Sic ubi vi cc tandem devictus ad astra
    Evomuit pastos per scla Vesuvius ignes,
    Et Pelago et terris fusa est vulcania pestis._

Certes, il n'est pas possible de peindre avec plus de vrit l'effet
des ruptions: mais sous le prtexte que Valerius-Flaccus crivait
sous Vespasien,  qui il ddia son pome, et que Silius-Italicus vivait
encore plus anciennement sous Nron, il ne faut point se persuader que
ces deux potes nous transmettent dans leurs vers d'anciennes traditions
dont on ne trouve ailleurs aucunes traces. Si le premier a consacr les
prmises de sa muse  Vespasien, il parat constant qu'il est mort en
88 sous Domitien, sans avoir termin son pome (Voyez _Dodwell, Annales
Quintilianei_). Le second se trouvait consul lors de la mort de Nron,
en l'an 68. On ignore quand il a cess de vivre; mais on sait qu'il
crivit dans un ge avanc, et l'on convient que ses ouvrages en
retiennent une sorte de faiblesse. Depuis l'poque de sa dignit
consulaire jusqu'au temps de l'ruption, on ne compte que onze ans: il
est donc trs-probable que cet auteur tait contemporain; et le passage
cit plus haut nous parat mme une preuve que Silius-Italicus existait
encore aprs l'vnement dsastreux arriv sous Titus.

Un fait singulier rapport par Florus (_lib. III, cap. XX_), peut servir
 prouver qu'il ne devait y avoir chez les anciens aucune ide de danger
attache au mont Vsuve. Spartacus, ce chef redoutable de la rvolte des
esclaves, s'tait fait du sommet du Vsuve, une sorte de retraite et de
citadelle. Assig et rduit  l'extrmit par les troupes de Clodius
Glabrus, il descendit, suivi de ses compagnons, dans les entrailles
du Vsuve,  l'aide de cordes d'osier; puis, suivant des routes
souterraines, il sortit par une issue ignore et tomba  l'improviste
sur le camp de son ennemi, qui s'attendait peu  une pareille attaque.
Si l'on doit ajouter foi  ce rcit, voil une poque o le volcan
tait entirement teint; c'est environ deux sicles avant la fameuse
ruption: mais depuis cette ruption, plus de dix-sept sicles se sont
couls sans que les flancs de ce gouffre se soient puiss; et bien
qu'un observateur moderne ait dit que le Vsuve tombe en vtust, et
qu'il tend  s'teindre, qui sait combien de sicles doivent s'couler
encore, avant qu'un nouveau Spartacus puisse aller scruter ses
entrailles! On est presque rduit aux conjectures, quand on veut
rechercher quels sont les premiers peuples qui s'tablirent autour du
Vsuve. D'aprs les tmoignages de Strabon (_liv. V_) et de Servius
(_in n. VII_), les habitans du rivage et des pays arross par le
Sarno, taient connus sous le nom d'Osques, _Osci_; on attribuait-ce
nom d'_Osci_, ou plutt d'_Opici_, aux serpens dont abondait le pays,
en grec, Of??. De-l par contraction, on avait dit _Opsci_ ou _Osci_.
Capoue, qui fut de tout temps la capitale de cette rgion, se nommait
_Vulturnia_, et, aussi _Osca_ ou _Opicia_. Cette tymologie, tire
du nom grec des serpens, est peut-tre un peu force; mais l'origine
grecque de ces peuples n'en doit pas moins tre regarde comme
constante. Servius, citant Conon, dit que cet ancien crivain, dans
le livre qu'il a crit sur l'Italie, raconte que des Plasges et autres
migrans du Ploponnse, abordrent dans cet endroit de l'Italie, qui
n'avait point encore de nom; qu'ils donnrent celui de _Sarnus_ au
fleuve dont ils habitrent les rives, du nom d'un fleuve de leur patrie;
qu'ils s'appelrent eux-mmes _Sarastes_, et que, parmi plusieurs
autres villes, ils fondrent _Nuceria_. De-l on peut conclure que
les Plasges commencrent  combattre ou  se mler avec les anciens
trusques, matres du pays Osque. Le nom d'trusque est celui que les
crivains latins conservrent aux habitans de ces contres. Les Samnites
s'tendirent dans leurs conqutes jusqu'au cratre; mais ils ne purent
s'y maintenir, et furent chasss par ceux du rivage. Ces nouveaux
peuples, malgr leurs alliances avec leurs voisins, conservrent des
murs qui dcelaient une origine moins barbare. Ils avaient apport les
usages et les arts de la Grce, encore dans leur enfance; retranchs de
la souche maternelle, ils conservrent ce qu'ils avaient de sauvage, et,
comme Grecs, demeurrent bien loin de la politesse et du got qui fit de
leur premire patrie, l'ornement et le modle du monde entier. Chez eux
donc se forma ce premier style de l'art qu'on nomma trusque chez les
Romains, et dont l'imitation servit de leon  ce peuple tout barbare.
Une preuve de l'origine des mmes peuples se trouve encore dans
la dnomination de leurs magistrats, ainsi que le remarque Strabon
lui-mme. Les villes de proche en proche devinrent colonies romaines;
mais par un privilge remarquable (celui des Municipes), les habitans
conservrent, en jouissant du droit de cit, la facult de vivre sous
leurs anciennes lois. Ainsi, les Herculaniens avaient des magistrats
suprmes, des _Dmarques_, lesquels taient peut-tre les mmes que les
dcemvirs Quinquennaux.

Herculanum et Pompia taient deux villes florissantes et trs-peuples,
si l'on en juge par les thtres et les monumens publics dcouverts
dans les fouilles. Winckelmann cite,  l'appui de la mme opinion, une
inscription curieuse trouve sur le mur d'une maison  Herculanum. C'est
une affiche pour la location des bains et des lieux o l'on donnait 
boire et  manger, et que, pour le prix de _neuf cents sesterces_, on
louait pour cinq ans. Une certaine Julia, fille de Spurius-Flix, en
tait la propritaire LOCANTUR BALNEUM VENERIUM ET NONGENTUM TABERN
PERGUL, etc.

Tout le monde connat le rcit que Pline le jeune fait, dans sa lettre 
Tacite, de la terrible ruption qui cota la vie  son oncle (_liv.
VI. p. 16_). L'auteur latin n'a rien exagr; et quoique profondment
affect, il s'exprime avec cette nergique simplicit et cette austrit
qui convient l'histoire. Dion-Cassius, dans une description plus
pompeuse, s'exprime avec la chaleur d'un orateur, et nous peint tout le
peuple d'Herculanum et de Pompia, assis et abm dans le thtre.
Ce fut le 1er novembre, suivant Pline, et  une heure aprs midi, que
l'explosion fit tout son effet: c'tait l'heure o le peuple avait
coutume de se rendre au thtre; mais tout prouve aujourd'hui que Dion,
qui vivait dj loin de l'poque de l'vnement, s'est laiss entraner
 une grande exagration. Si son rcit tait exact, n'aurait-on pas
dcouvert un grand nombre de cadavres dans les fouilles? Or, on n'a
pas trouv un seul corps dans les thtres; on n'en a mme trouv qu'un
trs-petit nombre dans les villes. Des ustensiles pesans, dterrs 
et l dans les campagnes, sont des traces sensibles de la fuite des
habitans, et certainement ils ont eu le temps de se drober au danger.
On sait que des signes redoutables annoncent les ruptions: si les
habitans ne pouvaient prvoir ce dluge de feux, le bruit et les
secousses qui l'ont prcd, au rapport mme de Dion-Cassius, et surtout
le souvenir rcent du tremblement de terre qui, selon Snque, avait
renvers une partie de leurs villes sous Nron (en l'an 63), devaient
les avertir de chercher leur salut en rase campagne ou sur la mer; il
chappa sans doute au dsastre un grand nombre de personnes. Chasss par
ces malheurs, ou par d'autres qui suivirent, les habitans d'Herculanum
se rfugirent  Naples; ils y eurent un quartier spar, et y vcurent,
sous leurs lois: de-l, la dnomination de _Regio Herculaniensium_, ou
_Herculanensis_, qui se trouve sur des inscriptions antiques. Ceux de
Pompia se rfugirent  Nola. Voil des faits qu'on ne peut rvoquer
en doute: mais quand eurent lieu ces migrations et l'abandon total
des deux villes? L'opinion vulgaire a voulu que ce fut aprs le
premier dsastre. Mais depuis peu on a mis en question si les villes
d'Herculanum et de Pompia n'ont pas subsist encore longtemps aprs.
D. Marcello Venuti avait cit une inscription consacre, par la
reconnaissance de la colonie d'Herculanum,  _L. Munatius Concessianus_
pour l'avoir alimente  ses frais dans un temps de disette[1].

[Footnote 1: Voici cette inscription, qui mrite d'tre rapporte tout
au long:

    L. MVNATIO. CONCESSIANO. V.P. PATRONO
    COLONIAE. PRO MERITIS. EIVS. ERGA. CIVES
    MVNIFICA. LARGITATE. OLIM HONOREM
    DEVITVM. PRESTANTISSIMO. VIRO. PRAE
    SENS. TEMPVS. EXEGIT. QVO. ETIAM. MVNA
    TI. CONCESSIANI. FILII. SVI. DEMARCHIA.
    CVMVLATIORE. SVMPTV. LIBERALITATIS
    ABVNDANTIAM. VNIVERSIS. EXIBVIT. CIVIBVS
    OB. QVAE. TESTIMONIA. AMORIS. SINCERISSI
    MI. REG. PRIMARIA. SPLENDIDISSIMA
    HERCVLANIENSIVM; PATRONO. MIRABILI
    STATVAM. PONENDAM. DECREVIT.

(Descriz. delle prime scoperte dell' antica citt d'Ercolano. _Roma_,
1478, _pag._ 28).]

Le style de l'inscription se rapporte, suivant cet auteur mme, aux bas
sicles de l'empire; mais, embrassant l'opinion reue, loin d'y voir une
preuve de l'existence prolonge de la ville d'Herculanum, il applique le
sens de cette inscription  l'tablissement des Herculaniens rfugis 
Naples, dans un quartier qui prit leur nom. D. Venuti ne manquera pas
de partisans qui partageront son opinion. En tudiant l'inscription, il
parat clair qu'elle a t faite  Naples: il y est question de _Regio_,
et non pas de _Civitas Herculaniensium_; et cette expression de _Regio_
est accompagne des titres de _primaria_, _splendidissima_, lesquels
tablissent une sorte de comparaison entre plusieurs quartiers d'une
mme ville. Cette inscription, au rapport du Capaccio, historien
napolitain, fut trouve dans les environs de Naples (vers 1600), et
transporte  Naples, dans l'glise de St.-Antoine, abb D. Venuti l'a
vue et copie. On ne sait pas prcisment l'endroit o l'on fit cette
dcouverte; cependant le Capaccio a cru trs-positivement que c'tait
dans la situation mme de l'ancienne Herculanum. Nous avions, dit-il
ignor long-temps o cette ville fut situe. Des paysans, fouillant un
champ, trouvrent quelques difices vots, des pavs, des murs revtus
de marbres, et un grand nombre d'inscriptions qui donnrent beaucoup
de jour. Il parle ici de l'inscription que nous avons rapporte, et
il ajoute: Cette inscription devait tre en grand honneur chez les
Herculaniens; ils y reconnaissent la dmarchie, la rpublique et la
protection d'un patron, espce de gouvernement auquel leur rpublique
tait assujtie.

En donnant une grande attention au rcit du Capaccio, on ne peut
demeurer persuad que le lieu de ces dcouvertes soit celui de la
situation de l'antique Herculanum. Sans doute il l'avoisinait beaucoup,
et on peut le considrer comme le quartier dans lequel les rfugis,
tout en appartenant  la ville de Naples, trouvrent un asyle et
reurent de leurs nouveaux htes la protection et les honneurs qu'un
peuple hospitalier se plat accorder au malheur. Les Herculaniens
durent, surtout, conserver leur rgime et leurs lois, que les Romains
avaient respects, en les attachant  l'empire par le titre de colonie.

M. Carletti et M. Ignarra, deux autres crivains, font galement
rapporter l'inscription au quartier des Herculaniens dans la ville de
Naples.

Mais le dernier, dans une dissertation crite en latin, tablit une
suite d'observations, qu'il fait concourir  prouver qu'Herculanum n'a
point d cesser totalement d'exister  l'poque o, suivant l'opinion
commune, il n'en resta plus de vestiges.

M. Dutheil, membre de l'Institut national, fait l'examen de cette
dissertation dans une lettre imprime, adresse  M. Millin (_Paris,
Didot jeune, 1804_). Il suit pas  pas le savant Napolitain, adopte son
opinion, et la fortifie par ses propres rflexions. Il nous montre les
Empereurs accordant une protection signale aux malheureuses villes
de la Campanie, et s'efforant de les faire ressortir de leurs ruines.
Elles avaient dj prouv des dommages affreux par le tremblement de
terre arriv sous Nron. Vespasien prit un soin particulier de les
faire rparer. Une inscription, trouve  Pompia, fixe la date du
rtablissement du temple de Cyble; elle rpond  l'anne 76. Ici,
nous devons rapporter une rflexion que d'autres auteurs ont faite
avec justesse: Ne serait-ce pas lors des croulemens causs par le
tremblement de terre, que le peuple fut surpris dans les thtres
d'Herculanum et de Pompia? Il s'ensuivrait que Dion-Cassius, qui vivait
dans IIIe sicle, aurait confondu ces deux poques en recueillant les
traditions. Trois annes s'coulrent depuis la restauration du temple
de Cyble, ce qui doit faire prsumer celle du reste de la ville
au moment de l'ruption, et Pompia devait alors se trouver
trs-florissante.

Titus, qui tait dans la premire anne de son rgne, signala dans cette
occasion toute sa bienfaisance. Sans doute il ne resta point au-dessous
de la munificence de Vespasien son pre, prince entach d'avarice. Aussi
voyons-nous qu'il envoya des personnages consulaires dans la Campanie,
pour rparer le dsastre de cette province; qu'il fit rpandre des
secours puissans, et qu'il abandonna, au profit des malheureux, les
biens dvolus au fisc par dshrence en cette mme occasion. Quelque
ft alors l'effet de ces secours, il fallut renoncer, comme il est bien
prouv, au plus grand nombre des habitations obstrues ou encombres par
la lave, par les cendres et par toutes les matires volcaniques. Ainsi,
en faisant les fouilles modernes, on a pntr dans des lieux qui ont
t ferms  la lumire depuis cette fatale poque. Il est  remarquer
que c'est dans ces mmes lieux que furent trouvs des objets dont on a
assign, sans grand fondement, l'existence un ge moins recul.
Telle est, par exemple, la belle statue de _Nonius Balbus_; elle est
accompagne d'une inscription dont on a rapport les caractres au
sicle d'Adrien; mais le temps de cette inscription et de plusieurs
autres semblables, n'est point prouv postrieur  Titus, et la forme
des caractres n'a rien d'assez dcisif pour faire poque dans le court
espace de temps qui s'coule entre le rgne de cet empereur et celui
d'Adrien.

Stace, qui vivait  Naples du temps de l'ruption, peint dans une ptre
adresse  Victorius-Marcellus (_Sylv. lib. IV_, 4), l'tat mme o
plusieurs gnrations ont vu le site des villes dtruites par le Vsuve:
Quand ces dserts se couvriront de verdure ou de moissons nouvelles,
les races  venir croiront-elles fouler, sous leurs pieds, des peuples
et des villes?

    _Credetne virum ventura propago,
    Cum segetes iterm, cum jam hc deserta virebunt,
    Infra urbes populosque premi?_

Ces expressions semblent bien annoncer l'abandon total de ces lieux
dvasts; mais on oppose le pote  lui-mme. Dans une autre ptre
(_liv. III_, 5), il invite son pouse  venir jouir d'un aspect plus
riant dans la mme contre. La cme du Vsuve, lui dit-il, la tempte
de feu de la montagne furieuse n'a point tari la population des villes
tremblantes; elles sont debout, habites et florissantes.

    _Non ade Vesuvinus apex et flammea diri
    Montis Hyems trepidas exhausit civibus urbes:
    Stant populisque vigent._

Si pourtant, d'aprs ces paroles consolantes, on se figure les villes
dtruites, se relevant du milieu de leurs dbris; si on les voit pleines
de citoyens qui jouissent tranquillement de la beaut du climat, ne
donne-t-on pas un sens forc aux expressions du pote? Parle-t-il
d'ailleurs des villes mmes d'Herculanum et de Pompia? Il s'adresse 
une pouse qui, dans sa frayeur, pouvait se reprsenter le Vsuve, comme
inondant d'un fleuve de feu toutes les villes voisines; il la rassure,
et lui promet un sjour agrable et tranquille prs de cette montagne
redoute  Naples mme, asyle des doux loisirs et d'une paix
inaltrable. Il ne manquait point non plus d'habitations dlicieuses,
situes autour du Vsuve, et qui n'taient point exposes  ses ravages.
Le pote en nomme plusieurs; ce sont l les villes qu'il faut entendre
quand il dit qu'elles sont florissantes, malgr _la tempte de feu_;
toutes en taient assez loignes pour n'avoir pas  craindre le sort
d'Herculanum et de Pompia.

Il nous est donc impossible de nous reprsenter ces villes recouvrant
leur ancienne splendeur, ou mme reprenant une existence un peu
remarquable. La circonstance la plus dcisive contre l'opinion
contraire, observe M. Visconti, est qu'aucun des nombreux monumens,
dterrs dans ces ruines, ne porte des marques probables du temps
postrieur  Titus. Un grand nombre porte des preuves d'un temps
antrieur; on pourrait mme ajouter qu'il n'existe pas de monument qui
ne soit probablement antrieur  Nron, ou tout au plus de son temps.
Cependant ces mmes lieux ont pu tre habits par de pauvres gens. La
lampe chrtienne, que nous avons explique (_PL. XXIII de ce Volume_), en
est le tmoin presque unique. M. Dutheil cite, avec M. Ignarra, la
table ou carte, dite de Peutinger, monument gographique qu'on
croit postrieur au rgne de Constantin. On y voit figurer les noms
d'Herculanum et de Pompia; mais, sous ces noms clbres qui n'ont pu
s'teindre avec les anciennes villes, il ne peut tre question que
de petites bourgades, qui en ont pris la place. En suivant les mmes
auteurs dans leurs calculs, on voit disparatre toute population connue
par les anciens noms, en l'an 471. Sous cette anne, le comte Marcellin
fait mention d'une pouvantable ruption _qui couvrit de cendres toute
la face de l'Europe_: ce sont ses termes; il ajoute qu' Constantinople,
on faisait annuellement commmoration de cet vnement (_hujus metuendi
Cineris_), le VIIIe des Ides de novembre. Cette ruption du volcan,
arrive en 471 (continue M. Dutheil en citant M. Ignarra), dt tre
la plus funeste de toutes; elle changea totalement la conformation du
Vsuve. Anciennement, ce mont s'levait, pour ainsi dire,  pic,
n'ayant qu'un seul sommet, o on ne pouvait gravir que d'un ct et
fort difficilement. Sa cme offrait une espce de plate-forme, presque
par-tout unie, comme Strabon nous le dit (_page_ 257). Dion-Cassius
nous apprend que les flammes sortaient du milieu de la cme, et que les
flancs au-dehors de la montagne, reprsentaient, en quelque sorte, un
vaste amphithtre. Aujourd'hui il ne reste de ce cne qu'une petite
portion regardant le nord, et spare du cratre actuel.

Cette dissertation est termine par les conjectures de M. Ignarra
sur les portiques d'Hercule, dont il est fait mention dans le roman
satyrique, attribu _Petronius Arbiter_. Il ne faut point chercher
le lieu ainsi dsign, ailleurs que dans l'emplacement de l'antique
Herculanum. Les portiques du thtre, levs de plusieurs tages,
suivant les rgles de l'architecture, ont pu rester debout long-temps
aprs la ruine de l'difice. Frquents et demeurant seuls connus, on ne
parla plus que des portiques; quand les portiques disparurent, leur nom
survcut mme  leur souvenir: de nos jours, il sert  dsigner le mme
lieu, _Portici_.

M. Ignarra va plus loin, il souponne que dans le quinzime sicle,
il pouvait rester quelques vestiges de ces portiques; il le conjecture
d'aprs un passage de Sannazar. Ce pote, dans une de ses glogues,
introduit le pcheur Thelgon, assis sur le penchant de la colline,
appele _Mergellina_, en face du cratre de la montagne, et s'exprimant
ainsi:

    _Rupe sub hc mecum sedit Galatea: videbam
    Et Capreas, et qu sirenum nomina servant
    Rura procul_: veteres _ali de parte_ ruinas
    Herculis _ambust signabat ab arce Vesevus_.

Par ces mots _veteres ruinas Herculis_, le pote ne saurait gure avoir
voulu dsigner que les ruines des portiques d'Herculanum, dj renverss
de son temps, mais encore visibles.

En admettant cette conjecture assez plausible, nous voyons des signes
extrieurs indiquer le tombeau d'Herculanum, presque jusqu'au sicle o
cette ville antique fut dcouverte.

On avait trs-anciennement fait des recherches dans son sein; mais
il parat que le souvenir s'en tait entirement perdu. Les traces
manifestes de ces fouilles se rencontrrent avec les travaux de
la dcouverte. Ce sont, dit Winckelmann, des conduits souterrains
travaills et creuss avec peine, et qui indiquent si clairement leur
objet, qu'ils ne peuvent laisser de doutes sur leur destination. Le
clbre antiquaire rapporte une inscription qui semble dsigner ces
anciennes recherches; nous l'a copions d'aprs lui:

    SIGNA TRANSLATA EX ABDITIS
    LOCIS AD CELEBRITATEM
    THERMARUM SEVERIANARUM
    AUDENTIUS MILIANUS V. C. CON.
    CAMP. CONSTITUIT. DEDICARIQUE PRECEPIT. (_sic_)
    CURANTE T. ANNONIO CRYSANTIO V. P.

Cette expression _signa translata ex abditis locis_, ne peut convenir
qu' des statues tires de villes ensevelies, et particulirement
d'Herculanum; ainsi l'inscription et les anciens conduits s'expliquent
mutuellement. Il est question des bains de Svre; ces bains ne sont
connus que par l'inscription; il est trs-probable qu'ils appartenaient
 la ville de Naples, et que leur dnomination se rapporte 
Septime-Svre. Ainsi,  supposer que les anciennes fouilles aient eu
lieu sous le rgne de cet Empereur, l'poque peut en tre fixe plus
d'un sicle aprs la fameuse ruption.

Les couches de l'attrissement montrent diffrentes poques auxquelles
il a eu lieu. Herculanum ne fut point inond tout--coup par des torrens
de feu et de lave liqufie. Cette ville fut encombre par une pluie de
cendres brlantes, dont la chaleur fut si grande, qu'elle rduisit
en charbon les poutres des maisons et les objets combustibles; cette
mission de cendres fut suivie, et peut-tre immdiatement, de lavasses
qui en firent une croute solide. On a mme imagin que l'eau de la mer,
 la faveur des secousses de la terre, avait pntr dans le gouffre qui
l'avait ensuite vomie par torrens. On cite deux ruptions modernes o ce
phnomne est racont comme certain. En 1631 et 1698, l'absorption fut
telle que le bassin du port se montra  sec un moment, et que les eaux
et la lave, lances par le Vsuve, se trouvrent mles d'une quantit
de coquillages de toute espce. La lave a coul depuis sur les cendres,
et les a recouvertes de diffrentes couches. Par ce nom de lave (qui
parat venir de _lavare_, laver), que les anciens n'ont point employ,
et pour lequel ils n'ont point eu d'quivalent, on entend le mlange des
matires fondues, de soufre, de bitume, de minraux et de pierres. Cette
matire paisse et visqueuse ne court point, comme ferait un torrent;
elle coule lentement, comme ferait une pte ou du verre fondu, et roule
sur elle-mme, enveloppe d'une colonne d'air brlant, qui dessche tout
 une grande distance. Elle conserve sa chaleur assez long-temps pour
arriver jusqu' la mer o elle forme quelquefois de petits promontoires.
La lave se fixe  mesure qu'elle perd sa chaleur, et devient dure
comme le marbre, dont elle prend le poli et quelquefois les plus riches
couleurs. C'est toujours vers Herculanum et dans le voisinage jusqu'
_Torre-del-Greco_, que la lave a dirig son cours; elle n'a point coul
jusqu' Pompia ni Stabie. Ces deux endroits sont couverts d'une cendre
lgre qu'on nomme dans le pays _Papamonte_; aussi les fouilles s'y
font-elles avec plus de facilit, et les objets ensevelis s'y sont-ils
mieux conservs.

C'est au prince d'Elbeuf qu'on doit les premires fouilles qui
conduisirent  la dcouverte d'Herculanum. Ce prince faisait btir une
maison de plaisance sur le bord de la mer,  Portici. Instruit que des
habitans de Resine, en voulant creuser un puits leurs frais, avaient
trouv quelques fragmens de beaux marbres; le prince, qui en cherchait
pour faire faire du stuc, ordonna qu'on creust ce mme puits jusqu'
fleur d'eau. A peine avait-on fouill le terrain latralement, qu'on
trouva quelques belles statues, et plus loin un grand nombre de
colonnes, quelques-unes d'albtre fleuri, mais la plupart de jaune
antique, appartenant  un temple. Naples tait alors sous la domination
autrichienne; le vice-roi forma des prtentions sur les statues; elles
furent envoyes  Vienne, et donnes au prince Eugne de Savoie: ceci
se passait en 1711. La cour, se rservant un droit dont elle n'usa pas,
dfendit de faire des fouilles, et l'on demeura plus de trente ans sans
y penser.

Enfin, Charles, second fils du roi d'Espagne Philippe V, devenu
possesseur du royaume de Naples, fit choix de la _villa_ de _Portici_
pour maison de plaisance; il s'y trouvait au mois de dcembre en 1738.
Le puits subsistait encore; il avait t perc auprs du jardin des
Grands-Augustins, et le hasard voulut qu'il se trouvt dirig vers le
milieu du thtre qui aujourd'hui ne se trouve clair que par cette
ouverture. Le roi ordonna qu'on continut les fouilles; quelques
fragmens d'une inscription en lettres onciales qu'expliqua D. Marcello
Venuti, apprirent l'existence du thtre. Venuti raconte qu'il
dirigea ces premiers travaux, et il eut la gloire de faire cette belle
dcouverte qui fut suivie de toutes les autres. Cet heureux succs
engagea, en effet,  faire des recherches en d'autres endroits, et l'on
dcouvrit bientt la vritable situation de Stabie et celle de Pompia,
dj indique par un vaste amphithtre dont les vestiges demeuraient
visibles  la surface du sol.

Nous avons expos, dans le cours de cette collection, la plus grande
partie des richesses tires de ces villes ensevelies. Il n'entre point
dans notre plan de parler de leurs difices; nous renvoyons les curieux
aux ouvrages que les diteurs mmes de ce recueil, MM. Piranesi, ont
donns sur ces matires. On trouve, dans la Collection de leurs uvres,
tous les dtails du thtre d'Herculanum; et ils publient au moment mme
o nous crivons (1806), les difices de Pompia, gravs par eux sur les
dessins de leur pre.



FIN DU 6e ET DERNIER VOLUME.




[Illustration: VI page 34]



PLANCHE I.
(_P._ I, 2, _tome VIII de l'Edition royale_.)


FIG. I On remarquera dans cette lampe, comme dans un grand nombre
d'autres, l'anse dont la forme varie souvent, la languette o est le
trou d'o sortait le lumignon; et enfin, dans le cercle, le trou qui
servait  introduire l'huile, et qui s'cartait plus ou moins du centre,
pour pargner les figures. Le sujet du mdaillon est l'union des trois
grandes Divinits. On voit Jupiter assis sur son trne, ayant la tte
radie, et tenant le sceptre et la foudre;  sa droite est Minerve,
qu'on reconnat au casque et  la lance;  sa gauche est Junon, tenant
une corne d'abondance. Ces trois Divinits se trouvent souvent runies
dans les monumens, comme elles l'taient dans le culte qu'on leur
rendait  Rome, au Capitole; c'tait en leur honneur qu'on clbrait
les fameux jeux du cirque, institus par Tarquin-l'Ancien, dits les
jeux romains ou les grands jeux. Ce triple culte parat tre pass des
Toscans chez les Romains. Les villes Etrusques n'taient point rputes
_justes_, si elles n'avaient trois portes consacres  Jupiter, 
Junon et  Minerve. Les Grecs observaient aussi cette union; et dans
le temple, o se rendaient les dputs de la Phocide, on voyait Jupiter
assis sur son trne, ayant Junon  sa droite, et Minerve  sa gauche.
Pindare place Minerve  la droite, comme on le voit sur notre lampe, et
dans dix autres du muse de Portici, situation galement observe dans
l'union des trois Divinits au Capitole.

FIG. II. Cette lampe est perce pour deux mches; l'ornement est une
figure de Jupiter; prs de lui est le sceptre, attribut de sa puissance
souveraine, et qui dsigne le roi des rois, comme l'ont appel les
potes. Devant lui est l'aigle, ministre de la foudre,  qui le roi des
Dieux accorda l'empire sur tous les oiseaux (_Hor. IV, Od._ 4). L'aigle
est aussi, suivant Callimaque, le messager des augures du grand Jupiter
(_Hym. in Jov._ 69). Ce fut l'aigle qui, dans le combat des Gans, lui
prsagea la victoire, et qui lui fournissait ses traits foudroyans;
de-l l'image de l'aigle fut consacre comme une enseigne militaire,
prtant un heureux auspice. Cette image a toujours plu aux ames
guerrires, et nous la voyons servir encore de gage assur pour la
victoire, aux soldats du Hros du sicle o nous vivons.

FIG. III. Cette autre lampe offre l'union des trois grandes Divinits
gyptiennes, Isis y Harpocrates et Anubis. Isis et Harpocrates ont sur
la tte la fleur du _lotus_; on reconnat le fils d'Isis et d'Osiris
au geste, qui exprime le silence. Isis tient le sistre, instrument qui,
dans les crmonies sacres, exprimait le deuil et les lamentations de
la Desse cherchant son mari ou son fils. Anubis tait fils d'Osiris et
de Nephthys, sur d'Isis; il l'accompagna dans la recherche de son fils
Horus: c'est pour cela, ou pour tre le compagnon, le gardien d'Isis
et d'Osiris, qu'on l'a reprsent avec une tte de chien. Il tient une
palme et un caduce, selon la description d'Apule (_Mt. XI, 961_). On
confondait le Mercure gyptien, _Taaut_, avec Anubis; de-l vient cette
communaut du mme symbole, du caduce. On sait, au reste, que dans les
processions des ftes Isiaques, un prtre reprsentait Anubis en portant
un masque de chien. Volusius, au rapport d'Appien, chappa sous ce
dguisement,  la proscription triumvirale.

FIG. IV.  la corne d'abondance, au timon que porte la figure exprime
sur cette lampe, on reconnat la Fortune. Le timon, en donnant l'ide
du gouvernement des affaires humaines, semble encore tre l'emblme
de l'instabilit: c'est dans ce sens qu'Artmidore a dit que celui
qui rvait de la Fortune avec le timon, devait demeurer en crainte:
la Fortune a t quelquefois confondue avec la desse Nmsis,
c'est--dire, la vengeance Dieux ou la justice.  ce titre, on peut la
considrer comme prsidant  ce mlange des biens et des maux, mystre
incomprhensible de la sagesse divine. Nous ajouterons encore que toutes
Divinits, influant sur la condition humaine, reproduisaient quelquefois
sous le nom, l'image ou les emblmes de la Fortune. Nous avons vu les
attributs de la Fortune donnes  Isis, dans un beau bronze de ce recueil
(_tom. V, pl. XIII_).

[Illustration: VI page 39]



PLANCHE II.
(_P. 3, 4, t. VI de l'dition royale._)


Les lampes reprsentes dans cette planche sont de terre cuite. Pour ne
point nous rpter  chaque explication, nous prvenons nos lecteurs que
nous ne ferons  l'avenir mention de la matire que lorsqu'elle changera
de nature.

FIG. I et II. La mme lampe, plus remarquable par sa forme que par ses
ornemens, est reprsente de face et de profil.

FIG. III. Deux Victoires ales soutiennent un bouclier entour d'une
couronne de chne; on lit au milieu: OB CIVIS (_cives_) SERVATOS.
Au-dessous est un autel orn de festons et d'une tte de buf, emblme
des grands sacrifices. Aux cts de l'autel s'lvent les deux lauriers
qui dcoraient l'entre de la maison d'Auguste sur le mont Palatin.
Les crivains du beau sicle de Rome font souvent mention de ces deux
lauriers. D'aprs les observations de MM. _Visconti_ et _Marini_ sur cet
emblme (_Museo Pio-Clem., tome IV, pl. dernire_), on peut croire que
cette lampe a servi pour les ftes des _Lares Viales_, les Dieux des
quartiers de Rome, Dieux dont les ftes se clbraient toujours avec
celle du Gnie d'Auguste. L'orthographe du mot _civis_ par I rpond  ce
mme ge: et la couronne civique est frquente avec la mme inscription
_ob civis servatos_, sur les revers des mdailles de ce prince, qui
tait flatt de cette devise.

FIG. IV. Lampes  deux mches. Sur le manche sont deux poulets, dont
l'un est  demi-effac. Leur action, qui est de becqueter  terre,
semble les dsigner pour les poulets sacrs dont les Romains tiraient
des augures. Le mdaillon reprsente une Diane assise, tenant une
branche  la main et ayant devant elle une biche qui la regarde.

FIG. V. Lampe  une seule mche; Hercule avec un autel. L'objet qui est
pos sur cet autel a t expliqu par M. Visconti. C'est la grande coupe
d'Hercule (_scyphus Herculaneus_) que ce hros avait reue en prsent
du Soleil, et qui, selon la fable, avait, en certaine occasion, servi de
bateau au fils d'Alcmne.

[Illustration: T. VI page 42]



PLANCHE III.
(_P. 5,6, t. VIII de l'dition royale._)


FIG. I. Lampe  deux mches fracture. Un aigle dchire un livre sur
lequel il vient de fondre. On trouve cet emblme sur plusieurs mdailles
des villes grecques de l'Italie et de la Sicile.

FIG. II. On voit dans cette lampe Hercule, vainqueur du dragon qui
gardait les pommes d'or du jardin des Hesprides: d'un pied il crase
le nud dont le monstre l'a enlac, et il l'touffe d'une seule main.
La force prodigieuse du hros est habilement dveloppe dans cette belle
attitude. On retrouve la mme action exprime sur plusieurs mdailles.

FIG. III et IV. Cette lampe curieuse est un monument de l'antique usage
des trennes, qui remonte jusqu'au roi _Titus-Tatius_, ou du-moins
jusqu' Numa. On se faisait des souhaits rciproques; on s'envoyait
des prsens (_stren_) diffrens de ceux dits _Xenia_, dons mutuels de
l'hospitalit. Ces marques de bienveillance avaient lieu, comme encore
de nos jours, le premier janvier; le second jour tait _nefaste_; le
troisime tait en quelque sorte le plus solennel; c'tait celui o
l'on offrait des sacrifices, o l'on faisait des vux publics pour la
prosprit des empereurs. Ces ftes taient prolonges pendant presque
tout le mois, et taient dsignes par _kalendes de janvier_. Dans des
temps plus rapprochs, les chrtiens, qui avaient conserv l'usage des
trennes, y ajoutaient des divertissemens consistant en festins et
en dguisemens sous l'habit de femme, et sous le masque de diffrens
animaux, ce qu'on appelait _vetulam_ et _cervudum facere_. C'est de-l
qu'on fait driver l'origine du carnaval, dont les folies, commenant au
mois de janvier, se rattachent  d'autres extravagances empruntes aux
anciens. La figure principale de la lampe est une Victoire ale, tenant
une palme et un bouclier, sur lequel on lit l'inscription _ANNUM NOVUM
FAUSTUM FELICEM MIHI, que le nouvel an soit heureux pour moi!_ formule
usite, et celle dont on se saluait rciproquement dans ce jour de fte.
Ce salut tait au nombre des prsages, heureux qu'on recueillait par
l'ouie, _omina_; ceux qui frappaient la vue taient appels _monstra_.
Par le mot MIHI, on voit que notre lampe tait une trenne que la
personne se donnait  elle-mme. Il est bon encore d'observer que, dans
les souhaits et dans les prires pour la flicit, chacun avait coutume
de se nommer le premier. Sur le fond du mdaillon sont sems diffrens
objets qu'on s'offrait en dons rciproques aux trennes. La large
feuille parat reprsenter un ventail (_flabellum_); plus bas est
une datte (_caryota_) renferme dans sa gousse; une mdaille o est
reprsent le signe de la bonne-foi ou de la concorde, deux mains unies
et deux serpens formant caduce; une autre mdaille, Victoire ale; de
l'autre ct de la figure, une troisime mdaille avec la double face
de Janus, divinit qui prsidait  la nouvelle anne et au premier
mois appel _Januarius_ (Janvier) de son nom; un objet qu'on ne peut
discerner; enfin, une espce de paquet qui parat reprsenter une masse
de figues sches (_caric_). Ces figues se transportaient dans des
vases de terre, dont l'objet en question parat avoir la forme,
suivant l'expression de Martial, _torta meta_ (_XIII_, 28). On apprend
effectivement par des passages recueillis dans les potes, que les
trennes d'usage taient des figues sches, des dattes, des noix (et
sous le nom de noix, il faut entendre plusieurs sortes de fruits), enfin
des monnaies. Les dons d'argent n'avaient pas seulement lieu entre
les particuliers; on en faisait aux empereurs et aux princes, dont on
recevait de semblables dons de la main  la main. Dans la suite, le
snat fit offrir les monnaies l'empereur dans une patre d'or, par
le prfet de la cit. Honorius fixa ces prsens  une livre d'or,
et l'empereur faisait distribuer aux magistrats et aux personnes de
distinction, d'autres monnaies ou mdailles, le plus souvent frappes 
son image. On trouvera des lampes semblables  la ntre, rapportes par
Bellori (_Luc. sep. P. III, Tab. V_) et Passeri (_Luc. fic. P. I, Tab.
VI_).

FIG. V. Lampe  une seule mche. Victoire ale, tenant une palme et
une couronne, et posant sur un globe; c'est ainsi que la Victoire est
ordinairement reprsente sur les mdailles.

[Illustration: page 47]



PLANCHE IV.
(_P. 7, 8, t. VIII de l'Edition royale_.)


Nous nous contentons de rapporter dans cette planche les mdaillons
de plusieurs lampes, dont la forme est peu curieuse; on y voit des
gladiateurs en diffrentes attitudes. L'opinion que les mnes ou les
dieux infernaux s'appaisaient par le sang humain, parat avoir t
l'origine des combats de gladiateurs, si l'on en juge par la coutume
barbare d'immoler des prisonniers de guerre ou des esclaves dans les
funrailles des princes et des grands. L'invention de ces combats est
le plus communment attribue aux trusques, dont les monumens funbres
offrent souvent de telles reprsentations. Quoi qu'il en soit, le got
en fut port jusqu' la fureur chez les Romains, qui les admettaient
comme un divertissement au milieu des festins. Non contens d'en jouir
comme d'un spectacle, des hommes libres, des chevaliers, des snateurs
se plaisaient  s'y livrer. Les femmes mme partagrent cette fureur, et
l'empereur Svre fut oblig de rendre un dit pour leur interdire ces
jeux sanglans. C'tait le spectacle qui excitait le plus la curiosit du
peuple. Les empereurs le faisaient principalement donner  l'ouverture
des guerres, sans doute pour exciter le courage dans l'me des soldats.
Les occasions en taient, au reste, trs-frquentes. Les magistrats,
et sur-tout les diles, faisaient donner des combats de gladiateurs, en
prenant possession de leurs charges; mais ce spectacle parat avoir
t particulirement consacr aux pompes funbres, dans celles mme
de simples particuliers, qui le prescrivaient frquemment par leurs
testamens, et faisaient des legs ou des fondations pour qu'il ft
renouvel  chaque anniversaire. On peut donc considrer comme lampes
spulcrales, plusieurs de celles qui portent des images de gladiateurs.
Ces figures ne sont point toujours un monument des combats excuts en
l'honneur des morts: l'image des crmonies, qu'on n'avait pu excuter,
suffisait dans l'opinion religieuse pour appaiser les mnes.

FIG. I. Gladiateur frapp  mort, et qui a abandonn ses armes.

FIG. II Celui-ci, un genou en terre, semble attendre son adversaire,
prt  se couvrir de son bouclier et  frapper. Son casque est surmont
d'une aigrette; le vainqueur enlevait cette aigrette, et la montrait au
peuple en signe de sa victoire: de-l Juvnal les appelle _Pinnirapi_.

FIG. III. Le casque de celui-ci est hriss de pointes; il est prt 
combattre et dans l'attitude proprement dite _status_, en garde.

FIG. IV. Dans ce groupe, le vainqueur considre son ennemi renvers,
comme pour s'assurer s'il est mort, prt, sans doute,  l'action cruelle
exprime par _repetere_, lorsque le peuple, non content de voir
couler le sang, demandait la mort du bless, en criant au vainqueur de
l'achever: ce que celui-ci confirmait au peuple en disant, aprs avoir
frapp, _habet_.

FIG. V. Ce jeune homme nu, tenant une lance et un petit bouclier
(_parma_), pourrait ne pas tre de l'espce des gladiateurs, et exprimer
ici un Gnie de la guerre, ou celui du dieu Mars.

FIG. VI. Le vainqueur parat tendre la main au vaincu pour le secourir:
cet acte d'humanit, que nous n'avons point encore vu exprim dans
d'autres monumens, rend notre lampe prcieuse. C'tait au peuple que le
vaincu demandait la vie, en levant le doigt en l'air. Nous voyons sans
doute ici ces gladiateurs reprsents au moment qui suit cette action.
De cette coutume venait l'expression _ad digitum pugnare_, quand les
deux champions convenaient de ne point se faire de quartier jusqu' ce
signe.

FIG. VII. Figure de mime, coiff d'un bonnet pointu, arm d'un bouclier
et d'un bton fendu propre  faire du bruit; cette caricature pourrait
donner  penser qu'on admettait quelquefois des bouffons dans les jeux
des gladiateurs: on sait, au reste, que les mimes faisaient partie des
pompes funbres.

FIG. VIII. Athlte arm de cestes pour le combat du Pugilat.


[Illustration: page 62]



PLANCHE V.
(_P. 9, t. VIII de l'Edition royale_.)


FIG. I. Dans cette lampe, un homme couch par terre saisit un taureau
fougueux par les cornes: un cheval lanc au galop, la bride
flottante sur le cou, est de l'autre ct. Ce groupe reprsente
trs-vraisemblablement la chasse du taureau, qui avait lieu dans les
jeux du cirque. Csar, tant dictateur, donna le premier aux Romains
le spectacle de cette chasse, invente par les Thessaliens. Un cavalier
poursuivait le taureau flanc  flanc, et lorsque l'animal tait fatigu,
il lui sautait sur le dos et le renversait  terre par les cornes.
(_Plin. VIII_, 45.--_Suet. Claud._ 21.) Une ancienne pigramme peint
vivement cette course, et reprsente le Thessalien jetant un nud
dans les cornes du taureau, qu'il fait plier et qu'il renverse en un
clin-d'il. (_Reiske. Anth._ 728.) Ici le cavalier tendu par terre,
profite habilement de sa situation pour entraner l'animal; l'ordonnance
du groupe donne  penser que cet homme s'est lanc de son cheval sur le
taureau, qu'il a gliss par le mouvement rapide de la course, et qu'il
saisit la victoire avec prsence d'esprit: il serait encore possible que
cette situation ft un tour d'adresse. Ces sortes de jeux, qui se sont
conservs dans nos provinces mridionales, et sur-tout en Espagne, se
font pied comme  cheval, et donnent encore de nos jours l'occasion
d'admirer ce que peut l'adresse contre la force.

FIG. II. Cette autre lampe reprsente un quadrige en pleine course;
suivant un exemple frquent, les accessoires sont ngligs et le char
est reprsent par une roue seulement. Le conducteur est vtu d'une
ample tunique resserre par des bandes servant de ceinture; d'une main
il agite son fouet, et de l'autre tient les rnes qui sont lies autour
de son corps: cet usage avait pour but de s'assurer des chevaux, et de
les gouverner avec plus de force; il mettait cependant trs-souvent
le conducteur en grand pril: c'est ainsi que Sophocle a peint Oreste;
qu'Euripide, Ovide et Snque ont peint Hippolyte entran dans ces
nuds dangereux; c'est encore ce que notre divin Racine, qui avait une
connaissance profonde de l'antiquit, a exprim dans ce vers bien connu:

Dans les rnes lui-mme il tombe embarrass.

[Illustration: 55]



PLANCHE VI
(_P. 10, II, t. V de l'Edition royale_).


Fig. I. Le sujet de cette lampe vraiment curieuse est un coq avec une
palme, qui dnote la victoire remporte par cet oiseau dans un combat.
Les combats de coqs taient clbres dans la Grce. lien rapporte que
lorsque Thmistocle marchait contre les Perses, il fit remarquer  son
arme deux coqs qui se battaient avec acharnement, animant ses soldats,
par cet exemple,  combattre courageusement pour leur patrie; et qu'
cette occasion, une loi prescrivit que chaque anne, dans un jour
dtermin, on donnerait sur le thtre d'Athnes, le spectacle d'un
combat de coqs. Ces oiseaux avaient des matres pour les dresser (_avium
lanist_). On leur faisait manger de l'ail pour les rendre plus ardens,
et on armait leurs pattes d'perons de fer; ce qui a donn lieu au
proverbe grec, _lve l'peron quand tu combats_. Les plus estims
taient ceux de Rhodes et de Tanagra en Botie. Les spectateurs
s'intressaient si vivement  la victoire de l'un des deux champions,
qu'ils faisaient en leur faveur des gageures considrables, au point
mme de dissiper leur patrimoine, si l'on en croit Columelle (_VIII_,
2.). Ces spectacles, dans son opinion, paraissaient avoir t plus
propres aux anciens Grecs qu'aux Romains. Pline, du moins, en parlant de
son temps, dit que tous les ans on donnait,  Pergame, un spectacle
de coqs. Le coq combattant servait de signe pour les monnaies des
Dardaniens; on voit un coq avec deux pis (peut-tre deux palmes) sur
une mdaille de _Dardanis_ ou Troye (_Thes. Brit. tome_ I, p. 254); on
le trouve avec la palme, comme dans notre lampe, sur une autre mdaille
d'Athnes (_Ibidem, pl._ 213). On donnait encore, dans la Grce et 
Rome, des combats de cailles, qui se signalaient aussi-bien que les
coqs par leur courage et leur obstination. Les Anglais se montrent
trs-curieux de ces sortes de combats, et ne sont pas moins fous dans
leurs gageures que ceux dont parle Columelle; ils ont pris le got
de ces jeux dans les Indes, o les grands en font un de leurs
divertissemens. Un combat de coqs est le sujet d'une trs-belle et
curieuse gravure d'Earlom, ou l'on voit un coq, tenant pour le colonel
Mordaunt, se battre victorieusement contre le champion d'un Nabab. On
pourrait citer en plaisantant les combats de coqs qui se donnaient pour
Auguste et pour Antoine. Le coq d'Auguste tait toujours vainqueur.
(_Plut. Vie d'Ant._)

FIG. II. La cigogne qu'on voit sur cette lampe, est le symbole de la
pit filiale, et, par cette raison, elle pourrait dsigner une lampe
spulcrale; c'tait aussi le symbole du printemps (_titulus tepidi
temporis_): on voit la cigogne sur les mdailles des familles _Antonia_
et _Ccilia_.

FIG. III et V. Ces deux lampes, chacune  deux mches, sont sans
figures, mais elles mritent d'tre remarques pour leur forme, la
beaut du travail, et le got des ornemens.

FIG. IV. Cette lampe, endommage, et d'un travail assez grossier, est
intressante par le sujet qui reprsente Cyble assise entre deux lions,
et ayant auprs d'elle, d'un ct, le jeune _Atys_; de l'autre un arbre
d'o pendent des tambours (_tympana_), et sur ses genoux, une cl ou un
autre objet; sa tte est couronne de tours. La plupart de ces objets
se devinent pour tre les attributs de la desse, plutt qu'ils ne se
distinguent. On clbrait en l'honneur de Cyble, dite la mre des Dieux
ou la _grande mre_, outre les ftes si fameuses, des ftes de nuit dans
l'intrieur des familles, de veilles (_pervigilia_). On pourrait dire
avec quelque fondement, que les lampes qui reprsentent Cyble et _Atys_
ensemble, ou sparment, taient consacres  ces sortes de ftes.

[Illustration: 60]



PLANCHE VII.
(_P._ 11, 12, _t. VIII de l'Edition royale_.)


FIG. I. On voit sur cette lampe l'un de ces gladiateurs, dits,
_Retiarii_, de leur manire de combattre. Le gladiateur _Retiarius_
portait d'une main _des rets_, dont il cherchait  envelopper son
adversaire; son arme principale tait un harpon ou un trident; il avait
quelquefois de plus un poignard ou une pe courte, comme on le voit
ici; son vtement tait une tunique; il portait un bonnet (_pileus ou
galerus_) qui devait laisser  dcouvert son visage, qu'il prsentait
avec affectation aux spectateurs. L'adversaire tait dsign
gnralement par le nom de Gaulois, et plus particulirement par
celui de _Mirmillon_; c'est encore  celui-ci que parat appartenir la
dnomination de _Secutor_, employe par Sutone dans la description d'un
combat, o un _Retiarius_, reprenant l'avantage, tue coups de trident
les cinq ennemis vainqueurs de son parti (_Caligul._ 30). Ce combat
bizarre tait l'image d'une pche, et, pour la rendre plus complte,
le _Mirmillon_ portait sur son casque un poisson; et son ennemi, en le
poursuivant, s'criait: J'en veux au poisson, je n'en veux point  toi:
 Gaulois, pourquoi me fuis-tu? Juvnal, dans la 8e Satyre (_v._ 200
_et suiv._), fait paratre un snateur, _Gracchus_, s'exposant, sous
le rle d'un _Retiarius_ mal-habile,  une ignominie plus grave que des
blessures: nulle part l'appareil de ce genre de combat n'est dcrit avec
plus de prcision.

FIG. II  VI. Lampe  trois mches, en forme d'autel  trois pans, sur
lequel pose une espce de vase quadrangulaire; trois figures servent
d'ornement  chaque face de l'autel. Dans l'une, on peut reconnatre
Apollon; dans la seconde, le dieu Mars; et dans la troisime, la
Fortune, dsigne par le sceptre et la corne d'abondance, si ce n'est la
Concorde, suivant ce que nous en avons dit propos de la _pl. II du
tome V_. Ces Divinits sont, sans doute, runies dans ce monument comme
l'objet d'une dvotion particulire. Les dtails que nous donnons de
cette lampe curieuse la prsentent sous tous les aspects. Le dessin
au trait est le plan du pied sous lequel on lit _C. CORVINVS_, nom qui
parat tre celui du fabricant.

[Illustration: 63]



PLANCHE VIII.
(_P._ 13, 14, _de l'dition royale_.)


FIG, I et II. Lampe  quatorze mches, en forme de barque. Les quatre
traverses semblent exprimer les bancs des rameurs, proprement dits
_transtra_.

FIG. III et IV. La forme de cet ustensile a, paru peu approprie  une
lampe; cependant, et malgr la petitesse de son orifice, elle rpugne
encore plus  l'espce de vase, dit _infundibulum_ ou _guttus_, 
laquelle on a voulu la rapporter. Nous ne reconnaissons dans ce vase
autre chose qu'une lampe, dont la mche trs-mince devait fournir une
lumire de longue dure, destine probablement clairer un tombeau: le
petit bassin qui est au milieu servait  introduire l'huile. La figure
reprsente un gladiateur.

FIG. V et VI. Cette lampe  douze mches est d'une forme lgante
et d'un bon travail. Deux branches de chne avec les feuilles et des
glands, en font l'ornement. Les couronnes de chne sont trs-frquentes
sur les lampes comme sur les mdailles. On peut considrer les deux
branches ou comme exprimant la rcompense civique, ou comme un emblme
relatif au culte de Jupiter et de Junon, Divinits protectrices des
cits, et auxquelles le chne tait consacr.

[Illustration: 66]



PLANCHE IX.
(_P._ 15, 16, _t. VIII de l'Edition royale_.)


FIG. I. Lampe  une seule mche. Du milieu s'lve une anse avec un il
pour servir  la suspendre.

FIG. II. Lampe,  douze mches, semblable celle de la planche
prcdente.

FIG. III. Celle-ci est remarquable par sa triple forme dont chacune a
son rcipient, sa bouche et son orifice, sans communication. La lampe
du milieu figure une conque; les deux lampes latrales sont en forme
de colombes ou d'oies; ce qui pourrait annoncer que cette espce de
candlabre servait aux veilles de Vnus ou de Priape. La sparation des
rcipients indiquerait qu'on allumait une mche  mesure qu'une
autre s'teignait. On retrouve les traces de cet usage dans une jolie
pigramme de l'Anthologie (_VII, p._ 16) Clophantide tarde encore, et
dj, s'affaiblissant peu  peu, va s'teindre la _troisime_ lumire:
ah! pourquoi avec la lumire ne s'teint point le feu qui me consume!
combien de fois, combien ne m'a-t-elle pas jur par Vnus, qu'elle
viendrait sur la brune! Mais la parjure se rit et des hommes et des
Dieux.

FIG. V et VI. Cette lampe produisant neuf lumires, est garnie de
trois anses servant  la suspendre. Les masques qui en font l'ornement,
indiquent qu'elle tait destine  un thtre ou  une salle de festin.
Martial dsigne l'emploi de ces lampes dans les festins, sous la
dnomination de _Polymixi_,  plusieurs lumignons. Si les lampes de
mtal taient plus en usage dans les maisons aises que celles de terre,
ces dernires cependant n'taient point ddaignes, et la dlicatesse
qui se fait remarquer dans l'excution de la ntre, prouve qu'on y
mettait quelque prix.

[Illustration: 69]



PLANCHE X.
(_P._ 17, 18, _t. VIII de l'Edition royale_.)


FIG. I. Nous ne reconnaissons point, avec les Acadmiciens d'Herculanum,
une chouette dans l'oiseau imprim sur cette lampe; c'est plutt un
pervier, emblme du Soleil, ou de la divinit d'Osiris. Cet oiseau
pourrait encore tre considr dans une lampe, comme augural. Il
avait t dsign comme tel, et plac au premier rang par Phnomo,
prophtesse du temple de Delphes; on en tirait des augures pour les
mariages et pour la prosprit des troupeaux (_Pline, liv. X, chap._ 8).

FIG II. Lampe remarquable seulement par l'entourage du mdaillon et la
finesse du travail.

Les quatre autres lampes ont pour ornement diffrentes figures
d'animaux qui, comme victimes, peuvent tre l'expression d'une dvotion
particulire envers la Divinit,  laquelle chacun d'eux est consacr.

FIG. III. Une chvre. On sacrifiait une chvre blanche  Vnus
populaire, et une chvre noire Pluton. C'tait aussi, suivant Servius,
l'une des victimes qu'on offrait  Esculape.

FIG. IV. Un lapin mangeant un raisin. Comme dvastateur des vignes, cet
animal tait, ainsi que le livre, consacr  Bacchus; c'est ce qui est
formellement exprim dans cette pigramme de l'Anthologie (_VI, cap._ 7,
_ep._ 7). Je vis un livre couch dans une vigne consacre  Bacchus,
et mangeant le raisin. J'avertis le vigneron, et celui-ci d'un coup
de pierre crasa la tte  l'animal, et, le prenant, dit tout joyeux:
J'offre -la-fois  Bacchus, la victime et le ddommagement. Les
livres et les lapins taient encore consacrs Vnus, aux Amours et 
Diane.

FIG. V. Un porc; c'tait la victime particulire du dieu Silvain et des
dieux Lares: on l'offrait aussi  Vnus,  Minerve, aux Dieux nuptiaux
et  Priape.

FIG. VI. Un daim, animal consacr  Diane. Les daims et les chevreaux
appartiennent encore Bacchus et  ses suivans,  cause de leur
ptulance.

[Illustration 72]



PLANCHE XI.
(_P._ 19 _de l'Edition royale_.)


FIG. I. Lampe de bronze  deux becs, d'une forme lgante et d'un
travail prcieux. Le corps de la lampe est orn d'arabesques; et l'anse,
d'un feuillage en ventail. Il part de l'anse une petite chane qui
vient se rattacher au pied de l'oie ou du cygne, group avec un petit
gnie prt l'touffer. Ce groupe, qui sert ici de couvercle, est,
sans doute, l'emblme de la force de l'amour. La mme action se trouve
rpte dans plusieurs monumens antiques.

FIG. II et III. Ces deux dessins reprsentent les plans de la mme
lampe, pris en dessus et en dessous, en tant le bouchon orn du petit
groupe.

[Illustration 74]



PLANCHE XII.
(_P._ 22, 40, _t. VIII de l'Edition royale_).


Six lampes de terre cuite, dont nous donnons les mdailles seulement.

Fig. I et II. Diane ou la Lune caractrise par le croissant, et Apollon
ou le Soleil caractris par les rayons. Ces Divinits qui prsident 
la lumire, ou leurs emblmes, servent trs-frquemment d'ornemens aux
lampes.

Fig. III. Un Pgase grossirement exprim. Cet emblme convient 
la lampe d'un pote: si la lampe est spulcrale, le cheval al fait
allusion au transport des mes dans l'Olympe, comme on le voit,
dans quelques mdailles et dans quelques pierres graves, exprimer
l'apothose: telle est la mdaille d'Antinos, sur laquelle Mercure
guide Pgase portant au ciel cet autre Ganimde (_Passeri Gemm. astrif.
t. III, p._ 115); telle est encore la gemme, o l'on voit Drusus
Germanicus s'levant au ciel sur le cheval ail (_Spanh. de us. et
prest. Num. p._ 277).

Fig. IV. Griffon, emblme du Soleil ou d'Apollon, comme le dmontre,
sans parler d'autres.

_Tome VI_. LAMPES. monumens, la statue du muse Napolon, salle des
Saisons; cet emblme appartiendrait fort bien  un musicien. C'est ainsi
que le Griffon que l'on voit dans un bas-relief de la villa Albani,
dsigne le talent de la femme d'un certain Hermias,  laquelle ce
monument de la pit conjugale est consacr. (_Gaet. Marini. Marm. Alb._
p. 78).

Fig. V et VI. Une crevisse et un blier. On ne peut les considrer ici
comme signes du Zodiaque: le blier du Zodiaque est dans une attitude
diffrente, et les anciens n'ont jamais donn la forme de l'crevisse,
mais toujours celle d'un crabe, au signe qui suit les gmeaux.

Fig. VII et VIII. Lampe de bronze en forme de barque, et vue de face et
de profil; l'anse est orne d'un beau masque tragique, dont l'paisse
chevelure est frise en anneaux ou cannelures; d'o l'on disait, les
cheveux ainsi arrangs, _calamistrati_.

[Illustration 77]



PLANCHE XIII.
(_P._ 23, _t. VIII de l'Edition royale_.)


Fig. I et II. Trois poissons et un lion courant. Le lion pourrait tre
considr comme un signe du Zodiaque: il serait moins heureux d'en dire
autant des trois poissons.

Fig. III et IV. Lampe de bronze. L'anse est orne d'arabesques  jour,
sur lesquels pose une chauve-souris, les ales tendues. Le premier
emblme qu'offre cet animal, est celui de l'approche de la nuit, et
il est l comme pour avertir de chasser l'obscurit par la lumire des
lampes. On pourrait encore voir, dans sa prsence, une intention plus
recherche; il rappelle l'aventure des filles laborieuses de Mine, qui
s'attirrent le courroux de Bacchus pour avoir profan ses ftes par le
travail. Alors cette lampe devient sacre, comme appartenant aux ftes
de Bacchus, et rappelant le respect qu'on doit  cette divinit. La
chauve-souris peut encore servir d'emblme  l'amour du travail qui fuit
le sommeil, ou bien  l'amour maternel; car cet oiseau tant le seul
qui puisse offrir le lait  ses petits, il servait  exprimer dans les
tableaux, la mre qui prenait ces tendres soins. Les lampes taient au
nombre des apophortes, c'est--dire, des prsens qui se faisaient dans
les festins, aux saturnales et au nouvel an; et l'on peut penser que les
personnes dlicates savaient ajouter quelque prix  leurs dons par des
emblmes ou par des allusions ingnieuses.

[Illustration 80]



PLANCHE XIV.
(_P._ 25, 26, _t. VIII de l'Edition royale_.)


FIG. I. Lampe de bronze  deux becs. L'anse est surmonte d'un masque.
La forme convexe du couvercle donnerait  penser qu'il servait  un
double usage, c'est--dire,  teindre la lumire: quelques personnes
avaient coutume, par une sorte de superstition, de laisser les lampes
s'teindre d'elles-mmes; mais l'odeur dsagrable qui se rpand aprs
l'extinction, et dont la malignit, selon Aristote, va jusqu' produire
l'avortement, dtournait les gens clairs de cette pratique incommode
et dangereuse.

FIG. II. Autre lampe de bronze, qui n'a rien de remarquable, si ce
n'est le couvercle en forme de ces vases, dits _gutti_ ou _infundibula_,
servant verser l'huile goutte  goutte.

FIG. III. Cette lampe singulire prend sa forme principale d'une feuille
de figuier, sur laquelle se dploient en arabesques des fleurs de
lotus ou d'hyacinthe. Du milieu sort une demi-figure coiffe du bonnet
phrygien, ayant  la main un _pedum_ ou un autre instrument, et tenant
des fruits dans le pli forme sur son sein, par la draperie qui descend
de son paule: il serait difficile de rapporter la figure avec prcision
 quelque Divinit connue. Peut-tre a-t-on eu l'intention d'exprimer
Atis, Le favori de Cyble, entour des productions de la terre.

FIG. IV. Cette lampe fracture a pour sujet principal un masque scnique
d'une grande beaut; les autres ornemens sont galement finis et
recherchs: on peut la ranger parmi les monumens bachiques. Les ttes
de griffons qui paraissent aux cts, conviennent  Bacchus; et, comme
emblmes du Soleil, dsignent l'Orient, o le Dieu donna ses lois, et
vit natre son culte.

[Illustration 83]



PLANCHE XV.
(_P_, 27, 69, _t. VIII de l'Edition royale_.)


FIG. I. Lampe de terre  dix mches. Elle est d'une si petite
proportion, qu'on ne peut supposer qu'elle a t mise en usage. On
trouve, dans les cabinets des amateurs, divers ustensiles remarquables
comme celui-ci, par leur petitesse; et l'on doit se rappeler 
cette occasion qu'on faisait chez les anciens, ainsi que parmi nous,
l'imitation en petit d'une infinit d'objets pour amuser les enfans;
ces prsens avaient lieu principalement le jour natal, de la part des
parens, des amis et mme des serviteurs. Les potes comiques nous ont
aussi conserv la mmoire de ces usages (_Plaut. Bud. IV_, 4, _v_. 110).
L'inscription qui est sous la lampe porte _C. TV. PRI._ qu'on peut lire
_Caius TVllius PRIscus_ ou _PRImitivus_ ou _PRImus_; noms qui dsignent,
sans doute, le fabricant.

FIG. II. Lampe  deux mches en forme de poisson.

FIG. II. Autre  quatre mches, remarquable seulement par le croissant
qui termine l'anse.

FIG. II. Autre en forme d'oiseau grossirement exprim. Un trou sur le
dos servait  introduire l'huile;  la place des ailes sont les godets
pour placer les mches. On reconnat une colombe dans cet oiseau, qui
peut signifier que la lampe est une de celles consacres aux veilles de
Vnus.

FIG. II. Lampe de bronze. L'anse est orne d'une tte de cheval; de la
bouche part une chane qui se rattache  l'anneau d'un bouton fermant
l'ouverture de la lampe; le support est un trpied  griffes de lion,
orn d'une large feuille travaille avec recherche.

FIG. V. Autre lampe de bronze, dont l'anse se termine en tte de
griffon. Elle a pour support un trpied lgant, dont le motif est
l'union de trois dauphins, ayant dans la bouche une conque marine, et
soutenant un disque avec leurs queues.

[Illustration 86]



PLANCHE XVI.
(_P_. 28, _t. VIII de l'Edition royale_.)


Lampe de bronze  trois becs, reprsente de face et de profil; son
couvercle a pour ornement une figure qui se tient en quilibre sur un
seul pied. Le bonnet pointu dont ce baladin est coiff, tait propre
aux mimes et aux danseurs; il porte une espce de ceinture ou plutt de
caleon, dite chez les Romains _subligar_ ou _subligaculum_; cette pice
de vtement, que les hommes et les femmes employaient dans les bains,
tait particulirement  l'usage de tous les acteurs, de peur que les
yeux du public, dit Cicron, ne fussent offenss par quelqu'accident
contraire  la pudeur. Notre baladin tient dans sa main droite une
chane o pend un instrument  pointe et  crochet, destin  gouverner
le lumignon. Le couvercle est tout--fait mobile, et la figure n'y tient
elle-mme que par une aiguille, et peut s'enlever  volont. La
lampe, ainsi orne de la figure, parat destine  tre pose sur un
candlabre.

[Illustration 88]



PLANCHE XVII.
(_P_. 29, _t. VIII de l'Edition royale_.)


FIG. I. Sur cette lampe, on voit un jeune homme al et coiff
d'un bonnet pointu, tenant un objet qu'on a pris pour un instrument
champtre, mais qui pourrait tre aussi une espce d'tendard
(_vexillum_).

FIG. II. Lampe  deux mches, ayant pour ornement deux figures places
sur des pidestaux. Leur attitude est celle que nous avons considre
sur d'autres antiques, comme tant propre aux dieux Lares. Cette lampe
tait, sans doute, destine brler devant ces divinits domestiques.

FIG. III. On voit dans celle-ci une tte d'lphant assez mal figure,
mais dont on distingue bien les dfenses et la trompe. La tte
d'lphant peut tre l'emblme d'une victoire ou d'une conqute.

FIG. IV. Lampe  deux mches, caractrise par le croissant et par la
figure qui est celle de Diane, ou d'une nymphe de sa suite. La tte
a une expression svre; les cheveux ngligs sont retenus par des
bandelettes; l'paule est nue; l'arc est trait avec le plus grand soin,
et l'on remarque  l'extrmit, entre deux boutons, la place destine 
recevoir la corde.

FIG. V. Le personnage vtu d'une ample draperie et arm de thyrse, donne
 cette lampe un caractre bachique.

FIG. VI. Celle-ci, de la mme forme que la quatrime, a pour sujet un
Amour ou un Gnie tenant deux pommes ou deux balles, trophes glorieux
de la beaut, ou emblmes des jeux de l'enfance.

[Illustration 91]



PLANCHE XVIII.
(_P_. 30, 31, _t. VIII de l'Edition royale_.)

FIG. I et V. Dans ces deux lampes, on remarque le buste d'un jeune homme
ou d'une jeune femme, ayant derrire elle un croissant dont les pointes
s'lvent au-dessus des paules. Dans la premire, on voit de plus un
aigle posant sur un globe, et levant la tte vers les cieux. L'oiseau de
Jupiter ne laisse aucun doute sur le sens de cet emblme qui exprime une
apothose, dont le personnage demeure inconnu. Cet honneur n'appartenait
point exclusivement aux Empereurs: de simples citoyens le recevaient
de la pit et de la vnration de leurs proches. Les mdailles
reprsentent les mes difies dans la Lune, parce qu'une opinion
religieuse admettait que cet astre devenait leur sjour (_Buonarotti
Med. p._ 44 __ 46). Dans les mdailles des deux Faustines, on voit la
Lune au-dessous de la figure avec la lgende _SIDERIBVS RECEPTA_,
_reue parmi les astres_. Ici la situation de la figure entre la Lune
et l'aigle de Jupiter, semble exprimer que l'me s'lve jusque dans
l'Olympe. Les deux lampes peuvent se ranger dans la classe des lampes
spulcrales.

FIG. II. Le Dauphin entrelac avec le trident, consacre cette lampe 
Neptune. On peut en dire autant de la Fig. VII.

FIG. III. Un temple, deux dauphins et un dragon, ou monstre marin.
Cette lampe pourrait tre regarde comme un monument votif, consacr en
reconnaissance d'un heureux voyage.

FIG. IV. Cette figure symbolique posant sur deux dauphins, ayant la
tte charge d'ornemens peu distincts, peut reprsenter quelque divinit
marine. Au caractre sinistre imprim dans ses traits, nous ne sommes
point loigns d'y reconnatre l'image de Scylla.

FIG. V. Un corbeau tenant une branche de laurier, emblme relatif 
Apollon.

FIG. VIII, IX et X. Lampe, ou plutt espce de lanterne qui devait se
complter par une garniture mobile. Nous en donnons la vue, la coupe
et le plan; le cylindre qui part du fond tait destin recevoir le
lumignon, comme l'atteste l'orifice noirci par la fume; l'huile
s'introduisait par l'un des cts, et se rpandait par un trou dans le
rcipient principal.

[Illustration 94]



PLANCHE XIX.
(_P_. 32, 33 et 34, _t. VIII de l'Edition royale_.)

FIG. I. Cette lampe de terre, d'un dessin trs mdiocre, a pour sujet
deux mains unies avec le caduce: c'est le signe bien connu de la
concorde et de la bonne-foi. Ce symbole tait devenu le plus usit pour
exprimer l'alliance conjugale; aprs les guerres civiles, il servit
d'tendard aux compagnies romaines, et l'on trouve souvent ce signe
militaire sur les mdailles avec l'pigraphe: _Concordia militum_.

FIG. II. Bellori (_par. II, pl. XXIV_), et Montfaucon (_tom. V, pl.
CXXIV_), rapportent une lampe absolument semblable  la ntre, 
l'exception que la flche, dont la forme est ici trs distincte, parat
tre un thyrse chez ces auteurs. Ils ont vu, dans ce jeune homme, un
suivant de Bacchus, prt  frapper, ou menaant un chien, qui s'lance
sur lui; l'instrument noueux et recourb est plutt un bton de chasse
qu'une massue hroque. Il faut corriger les dessins de Santi-Bartoli,
ordinairement inexacts, par le ntre, et reconnatre dans ce sujet
Acton, qui se dfend de ses propres chiens, aux yeux desquels il
paraissait tre un cerf. Un sarcophage de la villa Borghse reprsente
Acton presque dans la mme attitude.

FIG. III. Cette lampe en terre cuite est l'une des plus curieuses de la
collection; posant sur une base, elle forme une espce de candlabre. La
figure principale reprsente le gnie d'Hercule appuy sur une massue;
la peau du lion vient se nouer sur sa poitrine, et ses ales tendues
embrassent le corps de la lampe. La tte qui sert d'ornement  la base
est un masque bachique orn de feuilles de vigne ou de lierre, avec des
fleurs ou des corymbes. Hercule et Bacchus, dont la prsence est ici
rappele par des symboles, sont deux Divinits souvent runies dans le
culte des anciens.

FIG. IV. Cette lampe, d'un travail mdiocre, ayant pour ornement quatre
chiens en course, appartient au culte de Diane.

[Illustration 97]



PLANCHE XX.
(_P._ 35, 36, _t. VIII de l'Edition royale_.)


Les cinq premires figures sont les mdaillons d'autant de lampes.

FIG. I. Tte du dieu Pan, dont le caractre rside dans les cornes et
les oreilles de bouc, et dans la barbe paisse.

FIG. II. Masque de satyre.

FIG. III. Masque comique caractris par la largeur de la face,
l'lvation des sourcils, et les cheveux rouls en couronne; coiffure
propre aux valets sur la scne.

FIG. IV. Masque de faune ou de silne; il est group avec une draperie,
comme les masques le sont trs-souvent dans les ouvrages de l'art.

FIG. V. Masque tragique, comme on le voit par l'expression larmoyante
et la chevelure en tresses releves sur le front, et pendantes sur
les cts. La bouche ferme semble indiquer que c'est le masque d'un
danseur, ceux des histrions ayant ordinairement la bouche ouverte.

Les masques scniques, dans les monumens funraires, font allusion  la
brivet de la vie dans laquelle nous ne faisons qu'un rle phmre;
les masques de faunes, de satyres et des Divinits champtres,
rappellent aussi les jouissances passagres que la mort inattendue
vient terminer. Les anciens regardaient ces images multiplies comme un
avertissement continuel de mettre  profit, pour la sagesse ou pour les
plaisirs, les instans rapides et sans retour.

FIG. VI  XIV. Sept lampes, dont deux sous les nos IX. et X, XII et
XIII, sont reprsentes en deux dessins: ces lampes ne sont remarquables
que par les inscriptions exprimes en relief sur le fond. On trouve
ordinairement dans ces petits monumens, les noms au second cas, comme
_VETILI_, _ATIMETI_, et il faut sous-entendre _ex officin_, _ex
figlin_... de la fabrique ou de la tuilerie d'un tel. _ATIMETI_ est un
surnom; il en est de mme de _CELSI_ crit en grec: _VETILI_ et _TITIN_,
c'est--dire _Titinni_, sont des noms de famille. Les deux autres
inscriptions, nos VIII et XI, sont moins claires, et pourraient contenir
des abrviations. La dernire lampe porte pour signe l'empreinte de deux
pieds humains, o l'on voit les inscriptions PVI et PVR. On a trouv
dans les fouilles d'Herculanum plus d'une vingtaine de lampes, avec
l'empreinte de deux pieds ou d'un seul. On peut, avec quelque raison,
considrer cette marque comme une espce de cachet. On connat des
anneaux qui se distinguent par le mme signe; c'est particulirement
le symbole de la possession et de la proprit: les lettres qui
l'accompagnent en compltent le sens, en indiquant un nom, comme
_Publius VIbius PURpuratus_, ou tout autre qui s'accorderait avec les
mmes initiales.

[Illustration 101]



PLANCHE XXI.
(_P._ 38, 39 et 40, _t. VIII de l'dition royale_.)


Huit lampes de bronze, chacune de la mme forme, avec une anse recourbe
qui se termine par des ttes d'animaux. Ces figures peuvent exprimer une
dvotion envers les Divinits auxquelles chacune d'elle est consacre.
Ainsi, le cygne se rapporte  Vnus, le cheval  Neptune, le dauphin au
mme Dieu ou  Apollon, la panthre  Bacchus, le lion  Cyble. Le roi
des animaux peut encore rappeler les exploits d'Hercule, ou s'offrir
comme symbole de la force.

[Illustration 103]



PLANCHE XXII.
(_P._ 44, 45, _t. VIII de l'dition royale_.)


FIG. I et II. Lampe de bronze vue de face et de profil, d'un beau
travail et d'une forme lgante.

FIG. III et IV. Autre lampe de bronze, avec un couvercle  charnire.
Le principal ornement est une coquille qui forme l'anse; on y voit aussi
deux pommes: ces divers emblmes conviennent au culte de Vnus.

FIG. V. Lampe de terre, comme le sont les deux autres. Le mdaillon,
orn d'un bel entourage, reprsente un lion  crinire flottante,
assis pacifiquement comme un chien: ce lion peut offrir l'emblme de la
modration.

FIG. VI. On voit sur cette lampe un vaisseau, dont la proue est orne
d'une tte de panthre. Les anciens se plaisaient presque toujours 
donner aux proues des vaisseaux la forme d'un animal, et c'tait de-l
que le navire tirait quelquefois son nom. Le petit bateau qui accompagne
le btiment est de la mme forme.

FIG. VII. Cette lampe, assez semblable pour la forme  celle du n. V,
a pour ornement deux colombes poses sur les anses du mme vase, et
becquetant ensemble le mme fruit ou la mme feuille. Ces deux oiseaux
semblent offrir l'emblme de l'union conjugale, dans laquelle tous
les biens sont en commun. Ce symbole se rencontre frquemment dans les
monumens spulcraux.

[Illustration 106]



PLANCHE XXIII.
(_P._ 47, 48 et 49, _t. VIII de l'dition royale._)


FIG. I. Cette lampe de terre fracture a pour entourage une couronne de
feuilles, et porte au milieu du mdaillon une croix enrichie de divers
ornemens, comme seraient des pierreries: ce mme signe se retrouve sur
cinq lampes publies par Arringhi (_Rom. Sotterr. lib. III_, 22), et sur
trois autres rapportes par Delachausse (_ Mus. Rom. sect. V, tab. I et
seq._). Il ne reste aucun doute que la croix reprsente sur ces lampes
ne soit le symbole du christianisme, qu'il ne faut pas confondre avec
d'autres symboles gyptiens qui ont avec celui-ci quelque ressemblance.
Le frle monument que nous publions, trouv dans les fouilles de
Pompia, serait l'un des plus anciens du christianisme, si l'on pouvait
supposer que l'existence de cette lampe a prcd la destruction
d'Herculanum par le Vsuve; mais c'est une circonstance dont il est
permis de douter. M. Dutheil a lu l'Institut une savante dissertation,
o il a prouv que ces mmes lieux ne cessrent pas d'tre habits dans
les ges suivans, quoique les villes dtruites n'aient jamais recouvr
leur premire splendeur, et que les traces en aient presqu'entirement
disparu sous les villes qui leur ont succd. Ce fait expliquerait
comment des monumens plus modernes peuvent se trouver confondus sous des
ruines avec ceux des villes antiques de la Campanie.

FIG. II. Lampe de terre d'un travail grossier, orne d'un croissant et
d'une tte de buf, dont cet ustensile emprunte toute la forme.
Cette lampe peut offrir l'emblme des grands sacrifices, ou plutt se
rapporter au culte gyptien d'Isis, dont le croissant est le symbole, et
 celui du buf Apis.

FIG. III. Le bas-relief de cette lampe exprime deux figures nues
penches sur un cratre  hauteur d'appui; l'une, versant l'eau d'un
vase dans le bassin, est sans contredit une esclave, tandis qu'on
reconnat dans la seconde la matresse attentive  l'excution de ses
ordres: il s'agit sans doute ici de soins relatifs  la toilette.

FIG. IV et V. La mme lampe en deux dessins; elle est  deux lumires
opposes; du milieu s'lve une anse avec un il pour la suspendre.

FIG. VI et VII. Lampe de bronze en deux vues; elle est d'un bon travail;
l'anse est forme par deux branches qui embrassent le flanc, et viennent
se runir  une feuille de lierre en ventail, d'o pend une chane avec
le bouchon servant de couvercle.

FIG. VIII et IX. Autre lampe de bronze d'une forme -peu-prs semblable,
garnie de trois chanes pour la suspendre. Sur la partie suprieure,
on remarque un rat qui s'avance vers le lumignon; ce qui exprime
ingnieusement l'avidit de ces buveurs d'huile, dont Minerve, dans
la guerre des rats et des grenouilles, pome attribu  Homre, refuse
d'embrasser la cause, parce que, dit-elle, ils me font de grands
dgts, qu'ils mangent mes couronnes, et rongent mes lampes pour en
avoir l'huile.

[Illustration 110]



PLANCHE XXIV.
(_P._ 51, _t. VIII de l'dition royale_).


Belle lampe de bronze  trois becs. Les trois dessins en offrent la
vue sous deux aspects, avec la coupe au trait de l'un des trois becs,
jusqu'au milieu du corps de la lampe. Les ornemens en sont recherchs et
d'un travail lgant; ils consistent en trois masques et en guirlandes
de feuillage tresses avec des bandelettes; trois chanes qui
s'attachent  chaque bec servaient  la suspendre; une quatrime chane
s'attache le bouton qui ferme le trou du milieu.

[Illustration 112]



PLANCHE XXV.
(_P._ 50, 52, _t. VIII de l'dition royale._)


FIG. I et II. Lampe de bronze garnie de chanes pour la suspendre,
reprsente en deux dessins; elle est  deux becs, dont chacun est
surmont d'un aigle, les ailes tendues, et tenant la foudre dans ses
serres, emblme qui semble annoncer que cet ustensile est consacr 
Jupiter.

FIG. III. Autre lampe de bronze  deux becs, orne d'un masque sur les
deux faces, et garnie de chanes.

FIG. IV. Lampe de bronze d'un bon travail; dans l'un des becs, est un
lumignon trouv avec la lampe mme. La conservation d'une substance
aussi prissable, intacte aprs un laps de dix-sept sicles, est une
singularit qui rend ce monument extrmement curieux. Il est vrai que ce
lumignon n'a point t trouv  la place qui lui convient, et o il est
reprsent; il tait renferm dans l'intrieur de la lampe, et la lampe
se trouvait hermtiquement ferme par la cendre qui s'tait condense
autour du bouchon et dans les ouvertures. La privation de l'air
extrieur, et surtout de l'humidit, a permis, comme l'on sait,
l'entire conservation d'objets trs-corruptibles, sur-tout quand ces
objets taient renferms dans des corps mtalliques, ou quand ils
y taient adhrens; ainsi on a trouv des bonnets de laine dans des
casques de bronze, des morceaux de bois tenant  des poignes de mtal,
et des monnaies de bronze retenant encore la toile qui les enveloppait.
La matire du lumignon est de lin non fil, mais en toupe tortille en
deux branches, comme une corde imparfaite. Le lin parat avoir t la
matire le plus constamment employe  cet usage, dans une antiquit
trs-recule. La culture du coton, trs-anciennement en vigueur sur les
confins de l'gypte et de l'Arabie, suivant le tmoignage de Pline (_L.
XIX, I_), ne s'tait gure rpandue en Europe que quelques sicles aprs
cet crivain, par le moyen des Arabes qui l'introduisirent en Espagne.
On se servait encore pour les lampes, de _papyrus_ et de bouillon-blanc.
Le chanvre tait d'un usage trs-commun, mais il servait plus
particulirement pour les lanternes, o le lumignon devait avoir plus de
fermet.

FIG. V et VI. Pincettes dont on se servait pour gouverner le lumignon.

FIG. VII. Crochet faisant office de mouchettes.

[Illustration 115]



PLANCHE XXVI.
(_P._ 53, 54, _t. VIII l'Edition royale_.)


Les vases de bronze que nous donnons ici, nous ont paru appartenir au
service des lampes, comme destins  contenir de l'huile. En consultant
les ornemens, on trouve cependant  ces vases un caractre bachique;
nous nous bornons  en donner la description sans rien affirmer sur leur
emploi.

FIG. I. Ce dessin, au trait, offre le profil d'un vase pris du ct de
l'anse, qui, dans celui-ci comme dans les suivans, fait le principal
ornement. Cette anse est forme par la figure d'un jeune satyre posant
sur un panier de raisin, et tenant dans chacune de ses mains une branche
qui va, par-dessus son paule, s'unir au bord du vase. Le corps du vase
est absolument semblable  celui qu'on remarque sous le n VII.

FIG. II et III. Ce vase est plus simple dans sa forme et dans ses
ornemens que le premier. L'anse est forme par une branche contourne,
orne de feuillures: elle se termine par un mdaillon, d'o sort une
tte de jeune homme, coiffe du bonnet phrygien.

FIG. IV, V et VI. L'anse de ce vase a pour sujet un Herms d'Hercule,
proprement dit _Hermracle_, et se termine par une coquille. Le Dieu est
sans barbe: la peau du lion est jete sur son paule, et ses bras
sont envelopps dans sa draperie. On rencontre des hermracles pareils
excuts en marbre: le muse Napolon en possde plusieurs.

FIG. VII, VIII et IX. Sur l'anse de ce vase est encore appliqu un
Herms offrant la figure d'un jeune suivant de Bacchus; ce demi-Dieu
joue avec un livre, animal qui se trouve souvent dans les sujets
bachiques. Les autres attributs qui terminent l'anse sont aussi tous
bachiques; c'est le masque d'un jeune faune appliqu sur une peau de
panthre dont on voit pendre les pattes.

[Illustration 118]



PLANCHE XXVII.
(_P._ 55, 56, _t. VII de l'Edition royale_.)


FIG. I, II et III. Coupe et profil d'un petit vase destin  recevoir
une lumire, dont l'effet tait modr par un couvercle  charnire,
perc de plusieurs trous; cette lampe tait une espce de veilleuse.
Sur le ct, on voit une petite anse. L'intrieur est rempli de plomb
jusqu' la hauteur dsigne par la teinte, dans le premier dessin; ce
qui donne au vase une assiette solide. Le cylindre indiqu dans la coupe
est de laiton; il est mobile, et faisait, dans le vase, office de lampe.
Le trait, n. II, est celui d'un bassin, dans lequel on plaait le vase
par une attention de propret.

FIG. IV. Ce dessin reprsente une lanterne portative de forme
cylindrique, et faite de cuivre jaune; les montans sont de mtal
fondu; le fond est soutenu par trois pieds en forme de boule. Le cercle
suprieur est couronn par une calotte perce de quelques trous: cette
calotte est mobile  volont. Pour porter la lanterne ferme, la main
devait embrasser les deux branches d'o pendent les chanes, et qui
servent de poigne. Pour ouvrir la lanterne, on levait la branche
suprieure qui faisait monter le couvercle par le moyen du clou qui joue
dans la premire branche, et de la chane attache  ce clou. Sur le
plateau du fond, pose la petite lampe de forme cylindrique: nous en
donnons la coupe qui fait voir le lamperon o se plaait le lumignon.
Sur le sommet du couvercle, est une inscription en caractres points,
que nous rptons au-dessus du dessin d'une manire plus lisible,
quoique les lettres mal formes ne permettent pas de la dchiffrer
parfaitement. On peut lire _TIBURTI CATUS, Tiburtius Catus_, et ces
noms peuvent tre ceux du fabricant. Si on lit _TIBURTl CATIS_, il
se prsente deux sens diffrens: l'un serait _TIBURTl CATl Sum_,
_j'appartiens  Tiburtus Catus_; ce qui ne s'loigne pas de la coutume
qu'avaient les anciens d'indiquer de cette manire le matre d'objets ou
d'tres de nature  s'garer; on trouve de semblables inscriptions sur
des colliers de chiens, de cerfs et d'autres animaux, sur ceux mme
qu'on mettait au cou des esclaves; l'autre sens serait _TIBURTINUS CATI
Servus, Tiburtinus esclave de Catus;_ et ce _Tiburtinus_ (nom d'esclave,
rapport par Gruter DCCCLXXXIV, n. II), aurait eu l'emploi particulier
de porter la lanterne devant son matre, _lanternarius_ ou _lampadarius
servus_. La lanterne se trouve ici destitue de l'enveloppe transparente
qui devait la complter, comme le dsignent prcisment les deux bandes
de mtal fixes par des attaches  une petite distance des montans, et
une pareille bande circulaire qui rgne sur le fond. La matire le plus
communment employe  cet usage parat avoir t la corne; de-l vient
que Plaute dsigne une lanterne par le mot mme de _cornu_ (_Amph. act_.
I, I. 185). Pline dit  ce sujet que la meilleure corne tait celle que
donnait une espce de bufs sauvages qu'il nomme _uri_ (_l. XI._ 37). On
ne manque point non plus d'autorits prises dans les crits des anciens,
pour avancer qu'on entourait encore les lanternes avec la peau des
vessies, ou avec d'autres membranes, ainsi qu'avec de la toile frotte
d'huile. On pourrait mme souponner que la proprit du verre, adapte
au mme usage, n'a pas t ignore des anciens. Le premier des crivains
qui parle des fentres de verre, est Lactance, qui florissait sur la
fin du troisime sicle: sans entrer  cet gard dans aucune discussion,
nous nous contenterons de rapporter une autorit qui parle avec plus
de force, c'est--dire, la conservation de quelques morceaux de verre
trouvs  une fentre dans Pompia, et dposs au muse de Portici.

FIG. V. Nous ne suivons pas les acadmiciens d'Herculanum dans leurs
recherches sur la vritable tymologie du mot _lanterna_, mais nous
rapportons avec eux, comme trs-curieux, quoiqu'tranger  la collection
d'Herculanum, un monument trouv dans un village prs de Capoue: on voit
par l'inscription, qu'il a t rig par un certain _Marcus Hordionius
Philargurus Labeo_ lanternier,  son pouse _Flavia Claudia Philumina_;
outre le titre bien exprim de la profession, _LANTERNARIUS_, on
en trouve encore sur le monument le signe bien distinct, une petite
lanterne entoure de son enveloppe.

[Illustration 123]



PLANCHE XXVIII.
(_P._ 55, 58, _t. VI de l'Edition royale_).


FIG. I, II et III. Trpieds en bronze qu'on peut regarder comme destins
 servir de support  des lampes. Nous n'avons rien  faire remarquer
dans ces trois pices, que les ornemens; la gravure les expose avec
clart.

FIG. IV, V et VI. Lampe de bronze  une seule mche; elle est
remarquable par la queue pliante qui sert  la porter; la premire
partie de cette queue nat  la runion de deux ttes d'oiseaux qui
s'appliquent  la lampe; la seconde partie se termine en patte de
livre; se pliant en dessus, elle s'arrte en dessous sur l'alignement
de la premire, qu'elle rencontre  angle droit.

[Illustration 125]



PLANCHE XXIX.
(_P._ 61, _t. VIII de l'Edition royale_.)


FIG. I. Lampadaire en bronze; il prend sa forme de deux troncs d'arbres
qui s'lvent sur une plinthe quarre, porte par des pieds de buf; sur
le sommet du tronc principal, est pos un disque ou plateau destin 
recevoir la lampe.

FIG. II. Autre lampadaire de bronze avec son plateau; sa forme est
prise d'une canne  nuds, se divisant par le bas en branches qui font
trpied.

FIG. III et IV. Lampe de bronze d'un trs beau travail, avec des
ornemens recherchs. Elle pose sur un support en forme de trpied 
griffes de lion, et orn de mascarons sur chaque face.

[Illustration 127]



PLANCHE XXX.
(_P_. 62, 63, _t. VIII de l'Edition royale_.)


FIG. I. Le support de cette lampe peut tre mis au nombre des
candlabres; c'est une colonne cannele leve sur une base; la base est
forme de trois pattes de lion, et les pattes sont unies par un ornement
en arabesques et des coquilles; le chapiteau est de fantaisie; dessus
pose un vase  deux anses, lequel porte la lampe dont le couvercle est
lev: le tout est de bronze et d'un travail lgant.

FIG. II. Autre Lampe avec son support; il est form d'un tronc d'arbre,
orn de quelques feuilles et de glands. Le socle est fait au tour, et
pose sur un trpied  griffes de lion.

[Illustration 129]



PLANCHE XXXI.
(_P._ 64, _tome VIII de l'Edition royale._)


Une figure grotesque sert de principal motif ce lampadaire; c'est une
espce de Silne, dont la physionomie, le geste et l'attitude ont
une expression comique et thtrale. Il a pour tout vtement un court
manteau jet sur ses paules; sa chaussure est le socque orn d'une
languette; le perroquet perch au milieu des deux branches, n'est point
sans rapport avec l'expression ridicule du personnage. Chaque branche du
candlabre se termine par un plateau destin  supporter les lampes. La
figure pose sur une base quarre  trois degrs, qui a pour support des
griffes de lion, montes chacune sur de petits socles ronds.

[Illustration 131]



PLANCHE XXXII.
(_P._ 65, _tome VIII de l'Edition royale._)


Ce lampadaire a pour motif le tronc d'un chne dpouill et divis en
cinq branches, d'o pendent autant de lampes, toutes d'une forme assez
simple. L'arbre est lev sur une plinthe rectangulaire, ayant pour
support des griffes de lion.

[Illustration 133]



PLANCHE XXXIII.
(_P._ 66, 67, _t. VIII de l'Edition royale_).


FIG I. La tige de ce lampadaire emprunte sa forme des plantes bulbeuses
dont elle imite l'lgante souplesse dans ses contours. Les deux lampes,
dans leur forme bizarre, imitent des limaons, dont l'un est  moiti
sorti de sa coquille. Ce n'est pas sans une sorte de convenance que cet
insecte est ici rapproch d'une espce de vgtaux qui se plaisent dans
les terrains humides. Le socle reprsente, en quelque sorte, un autel,
tant entour d'un feuillage en festons et orn d'un crne de buf.
La plinthe  griffes de lion est d'un travail prcieux; sa surface est
enrichie d'arabesques damasquins en argent, comme le sont les ornemens
de l'autel. Un semblable lampadaire pourrait tre consacr  la nymphe
d'une fontaine.

FIG. II. Cet autre lampadaire, d'un travail galement beau, est d'un
style plus svre. Une colonne cannele en fait le motif. L'ornement du
chapiteau tient par ses volutes  l'ordre ionique: mais il ne faut point
chercher dans ces compositions de fantaisie, les proportions et les
rgles de l'art. Les artistes usaient sans rserve, dans ces sortes
d'ouvrages, du droit de s'abandonner  leur imagination. Au milieu des
volutes est un masque comique, et du sommet du chapiteau partent quatre
rameaux en arabesques, qui servaient suspendre les lampes. Le dessin
n'en montre que deux; le plan du chapiteau fait voir la distribution de
tous les quatre.

[Illustration 137]



PLANCHE XXXIV.
(_P_. 69, _tome VIII de l'Edition royale._)


Ce lampadaire offre une composition agrable et anime. Sur une base
quadrangulaire s'lve une colonne cannele en spirales, qui ont peu de
profondeur. Sur le chapiteau pose une tte couronne d'une branche de
lierre avec ses corymbes; c'est celle d'un esclave barbare caractris
par les moustaches: elle sert elle-mme de lampe, comme le montre le
dessin pris de profil. On introduisait l'huile par le sommet, et de la
bouche sortait le lumignon. Prs de la colonne, sur un socle rond, est
un enfant d'une expression nave et dans une attitude gracieuse; dans
le pouce de sa main gauche est pass un anneau qui runit trois chanes,
deux servent  suspendre une lampe;  la troisime, qu'il relve de
la main droite, pend un crochet propre  gouverner le lumignon. Cette
seconde lampe prend sa forme d'un masque scnique orn de pampres.

[Illustration 138]



PLANCHE XXXV.
(_P_. 68, 70 et 71, _t. VIII de l'Edition royale_.)


FIG. I et III. Ces deux candlabres sont remarquables par leur mcanisme
qu'on saisira facilement  l'inspection du dessin. Le pied est form
par trois traverses horizontales qui se dmontent volont. Le ft du
candlabre pose sur un plateau qu'il traverse par un tenon fix en
dessous  l'aide d'une cheville;  partir de sa base, le ft s'lve en
forme de pilastre, surmont d'un Herms  deux faces. Un vase faisant
chapiteau pose sur la tte de chaque Herms; ce vase couronn d'un
plateau, o doit tre place la lampe, s'lve et s'abaisse volont, au
moyen d'une tige qui joue dans le pilastre, et qu'on arrte  la hauteur
convenable avec une clef. La figure qui sert d'ornement au premier
candlabre est celle de Jupiter; on la reconnat au diadme et  la
barbe paisse et majestueuse. Au revers, la tte se fait remarquer par
les cornes de Jupiter Ammon. L'Herms de l'autre candlabre est celui
de Perse, comme peut le faire penser la tte de Mduse et un instrument
crochu qui reprsenterait la harp. Sur l'autre face, le buste porte les
attributs ordinaires du fils de Maa, la bourse et le caduce.

FIG. II. Lampadaire en forme de pilastre. La surface de la plinthe qui
sert de base, est orne d'arabesques damasquins en bronze mme. Il est
 remarquer que, dans ce lampadaire comme dans tous les autres, et comme
le dmontre le dessin de la planche prcdente, la tige n'est point
situe au milieu de la base, mais  l'une des extrmits; cette
prcaution avait, sans doute, pour but de mnager en avant une table
commode, o l'on pouvait poser les vases  l'huile, ou d'autres
ustensiles ncessaires au service des lampes.

[Illustration 141]

[Illustration 142]

[Illustration 143]

[Illustration 144]

[Illustration 145]

[Illustration 146]

[Illustration 147]

[Illustration 148]

[Illustration 149]

[Illustration 150]



PLANCHES XXXVI--XLV.
(_P_. 72, 93, _t. VIII de l'Edition royale_.)


Nous avons prcdemment dsign, par le nom de _lampadaire_, les
instrumens propres  porter -la-fois plusieurs lampes, suspendues: ces
ustensiles ont le plus souvent la forme d'un tronc d'arbre, auquel on
n'a laiss que quelques branches dpouilles de leurs feuilles. Cette
invention nous offre l'imitation des arbres consacrs  un semblable
usage, dans les ftes champtres. Les _candlabres_ destins  porter
une seule lumire ont une forme plus noble, mais qui doit sans doute
aussi son origine  quelque usage familier. Le trait qui distingue
particulirement le candlabre est la canne ou le roseau qui servait 
porter la pomme de pin ou la torche allume: on a fix le roseau dans
le trpied qui la recevait momentanment; on a couronn la tige d'un
disque, d'un calice ou d'un chapiteau. L'art s'est ainsi empar d'une
forme grossire; mais en l'embellissant, il a conserv la grce qu'elle
empruntait  la nature; dans le candlabre le plus orn, quelque
chose rappelle toujours sa naissance. Souvent l tige est une colonne
cannele; imitation d'un faisceau de cannes. Si c'est une colonne lisse,
sa lgret s'loigne de la proportion mle de l'architecture. Peu--peu
le luxe a dploy des ornemens plus recherchs; le disque destin 
porter la lampe a pos sur un chapiteau: celui-ci a pris la forme d'un
vase, et le vase a reu tous les ornemens qui lui conviennent; il a t
embelli de feuilles de chnes et d'acanthe, de pampres, de bas-reliefs
saillans, ou de travaux dlicats  trs-bas-relief. Ces ornemens furent
prodigus sur la coupe et sur le disque, et jusque sur la cimaise de la
tige. La richesse du travail ajouta encore un nouveau prix  l'lgance;
le disque reut de l'emploi des mtaux, l'agrment des couleurs. Sa
surface damasquine offrit des feuillages et des arabesques rendus avec
la dlicatesse qui appartient  la peinture. Les pieds des candlabres
eurent aussi des ornemens plus recherchs. La tige sembla natre d'une
touffe de feuillage. Le trpied fut form avec les pattes et les griffes
de divers animaux, mais sur-tout du lion. Des feuilles interposes avec
got entre l'embranchement des pattes, servirent  les lier avec grce:
on sauva aussi la nudit de leur union, en y appliquant des roses ou
des masques. Ce pied n'offrait pas un champ assez vaste pour recevoir
beaucoup d'ornemens, il fallut y ajouter un disque dont le travail
rpondit  celui de la partie suprieure. On ne peut, de toutes ces
observations, dduire une rgle gnrale pour la composition des
candlabres; il faut les ranger parmi les ouvrages qui permettent
beaucoup la fantaisie et au got de l'artiste. Un exemple rcent prouve
le parti qu'on peut tirer des beaux modles de l'antiquit, en les
appliquant  nos usages modernes; nous voulons parler des candlabres de
fonte qui dcorent le pont du Louvre, et qui servent, en supportant des
lanternes, l'clairer pendant la nuit.

Les candlabres que nous publions, quelqu'lgans qu'ils soient, taient
d'un usage familier: l'art  port plus loin ses inventions et la beaut
d'excution dans ceux qui taient consacrs aux usages religieux. On
peut voir ce que l'antiquit nous a laiss de plus admirable en ce
genre, dans les uvres de J.-B. Piranesi, et dans le _Muse Napolon_,
rcemment publi par ses fils  Paris. M. Visconti, dans son muse
_Pio-Clementino_, donne des notions trs-intressantes sur ces monumens
religieux, dont nous n'avons point  offrir de modles dans notre
collection. Nous revenons donc aux candlabres dont nous avons expos
les dessins. Ils sont de bronze,  l'exception d'un trs-petit nombre
qui sont de fer; les ornemens sont de bas, ou trs-bas-relief, sortis du
jet de la fonte presqu'entirement finis; en sorte qu'il a fallu peu de
travail pour les polir. On ne trouve gure la trace de l'outil que dans
les reliefs trs-bas dont la tranche demandait  tre marque avec plus
de profondeur. Pline nous apprend que les fabriques les plus clbres
taient celles de Tarente et de l'le d'gine. En commentant le passage
de cet crivain (_lib. LXIV_), il parat que les premires excellaient
pour la beaut de la forme; et les secondes, pour la dlicatesse et
le fini des ornemens: il serait difficile de dcider auxquelles de ces
fabriques il faut attribuer nos candlabres. Nous avons dj parl d'une
magnifique habitation voisine d'Herculanum, dont le possesseur avait
pris plaisir rassembler une grande quantit d'ouvrages de l'art des
Grecs: c'est l qu'on trouva la plus grande partie des statues, et
presque tous les bronzes de notre collection; c'est l aussi qu'on a
trouv ceux des candlabres dont le pied est couronn d'un disque. Cette
circonstance pourrait faire penser qu'ils sont d'un travail grec, et
plutt des fabriques d'gine, que de celles de Tarente.

La _pl. XLV_ reprsente les chapiteaux de divers candlabres, dont nous
ne donnons ni le ft, ni le pied, attendu que ces parties n'offrent
qu'une rptition de ce qu'on voit dans les autres planches. (_XVIII,
XIX_), et  l'aide des rapprochemens fournis par les connaissances des
machines en usage de nos jours, parvenir  donner une ide des pressoirs
qui compltent le cellier  l'huile de Stabie; c'est ce qu'on a essay
dans le plan _pl. XLIX_. Les renvois de ce plan suffiront pour le faire
comprendre. Les voici en deux colonnes; dans la premire, nous les
exprimons en latin pour tre plus agrables  ceux de nos lecteurs qui
voudraient suivre le texte de Caton.

A Pavimentum torcularii.           A Pav du cellier.

B Pavimentum inter binos stipites. B Pav entre les deux poteaux.

C Parietes.                        C Murailles.

D Vasa instructa juga II.          D Vases accoupls.

E Trapetes.                        E Meules.

F Are.                            F Aires.

G Canales.                         G Rigoles.

H Lacus.                           H Bassins o se rendait l'huile.

I Fora cum foraminibus.            I Cuves avec des trous, o l'on
                                     mettait goter les olives
                                     tritures avant de les jeter sur le
                                     pressoir.

K Arbores.                         K Arbres jumeaux, ou un seul arbre
                                     fendu dans lequel descendait la
                                     poutre.

L Stipites.                        L Poteaux.

M Trabes plan.                    M Madriers.

N Trabecul vel tigni.             N Soliveaux ou aiguilles.

O Prla.                           O Poutre ou grand arbre du pressoir.

P Laigul prlorum.                P Languettes des poutres.

Q Sucula cum senis foraminibus.    Q Treuil  six trous.



[Illustration 156]

[Illustration 157]

[Illustration 158]

[Illustration 159]



PLANCHE XLVI.--XLIX.
(_Prf. de l'Edition royale._)

Nous donnons, dans ces quatre planches, le plan et les dtails d'un
moulin ou pressoir  huile, dcouvert en 1779  Gragnano, l'ancienne
Stabie. Nous suivrons le plus succinctement qu'il nous sera possible,
les Acadmiciens d'Herculanum, dans l'explication qu'ils en ont donne,
et dans l'heureuse application qu'ils ont faite, de la description du
pressoir de Caton, aux vestiges du pressoir de Stabie.

La _planche XLVI_ offre le plan gnral du pressoir avec trois coupes du
cellier o il tait situ, appel par les anciens _cella olearia,
cella torcularia_, ou bien d'un nom commun  la machine _torculum_ et
_torcular_. La longueur de la pice tait de 46 pieds et demi romains
antiques; la largeur, de 16 pieds un quart; le pav entre les deux
vasques portait 17 pieds un quart: il tait form avec un ciment, dont
les murs taient aussi revtus  la hauteur de 5 pieds et demi[2].

[Footnote 2: Nous employons la mesure romaine antique pour faciliter les
rapprochemens avec le texte de Caton. Vrification faite sur plusieurs
pieds romains conservs  Portici, cette mesure rpond -peu-prs,  11
pouces du pied franais; elle se divisait en 16 doigts.]


La machine  presser les olives, indique dans le plan par la lettre G,
est expose en dtail dans la _planche XLVII_:

Elle est place dans une cuve assez profonde, _fig._ I, et consiste en
deux meules en forme de segment de sphre, qui se meuvent autour d'un
cylindre. Les olives sont presses entre la partie convexe de ces
meules, et les parois de la cuve. Dans le cylindre, est un pivot qui
recevait une barre; cette barre tait assujtie par la plaque de fer
qu'on voit dans le dessin des mmes parties, pris en dessus, _fig._
2; la barre traversait les deux meules perces, comme le montrent les
_fig._ 3 et 4 Ce mcanisme est facile  saisir, et la _fig._ 5, dont
nous renvoyons en note l'explication, le dmontrera d'une manire
satisfaisante[3]. Les dimensions des parties tant calcules, il s'est
trouv que le diamtre de la cuve, pris extrieurement, tait de 3 pieds
10 doigts, et l'paisseur du bord, de 5 doigts; l'espace entre le bord
et le cylindre, de 14 doigts. La meule a de diamtre 1 pied et 7 doigts;
et de grosseur, 12 doigts et demi: chaque ct du trou des meules a,
dans la partie convexe, un demi-pied, mais il se rtrcit du ct plat,
et diminue jusqu' 6 doigts et demi.

[Footnote 3: Cette figure offre la construction gomtrique de la
machine, prise dans une coupe verticale qui passe par son axe. Sur
la ligne horizontale AB, gale au demi-diamtre de la cuve en pierre,
s'lve du point B, comme point central, la perpendiculaire CD qui
reprsente l'axe. Prenons sur la ligne AB la portion AE gale  5 doigts
du pied romain antique, qui formera l'paisseur du bord de la cuve;
il reste la ligne BE pour rayon interne de la cuve. Tirons une ligne
indtermine HG, qui coupe perpendiculairement en deux parties gales,
le rayon BE au point F.--Entre la ligne HG et l'axe de la cuve CD, 
la distance de 2 doigts et demi, tirons la ligne IK parallle  HG,
laquelle donnera le ct du cylindre qui s'lve au milieu de la cuve,
comme IB en dsignera le rayon. tablissons la ligne LM parallle  la
ligne AB, et  la distance du tiers de EI, et nous aurons dtermin
la situation de l'axe linaire des meules. Le centre de la courbure de
chacune d'elles, se trouvera au point N de la ligne LM, distante de
L, de la huitime partie de BE; de ce centre, et avec le rayon NE,
dcrivons l'arc GEH qui s'arrte sur la corde GH, et nous aurons form
un segment de sphre qui constituera chacune des deux meules. Dans l'arc
EG, prenons le point O distant de E d'une huitime partie de la ligne
BE, ou donnant la mme mesure que LN; de ce point, tirons par N la ligne
indtermine NO, sur laquelle nous prendrons le point P distant de N de
2 doigts: ce point dterminera le centre de la concavit interne de la
cuve, ayant pour rayon PO; enfin, prenant N pour centre avec le rayon NQ
gal  LB, nous couperons la ligne CD, et le point de section Q fixera
la hauteur du cylindre, dont la superficie plane sera parallle au bord
de la cuve.]

Les _fig._ 6 _et_ 7 font voir de face et de ct, une portion d'un tube
form de deux plaques de fer appliques l'une sur l'autre, lesquelles
ont d, sans doute, revtir un morceau de bois que le temps avait tout
consum. On remarque, dans le tube, les pointes d'un grand nombre de
clous qui y fixaient le morceau de bois. Ce tube, trouv dans le trou de
l'une des meules, servait probablement de caisse au moyeu. Le fragment,
_fig._ 8, est un anneau qui entourait l'extrmit du moyeu. Les _fig._
9 _et_ 10 reprsentent le pivot enchss dans un tube et une plaque de
fer: on a vu la situation de ces deux objets dans les _fig._ 1 _et_ 2.

Caton-le-Censeur, dans son livre de _Re rustic_, donne la description
d'un moulin ou pressoir olives, qu'on retrouve trs-exactement dans la
machine de Stabie. Pour rendre plus sensible ce rapprochement curieux,
on reproduit dans la _planche XLVIII_, la machine de Caton; on a suivi
la construction qu'il en prescrit dans les chapitres 20, 21 et 22, et
d'aprs les dimensions du plus petit pressoir, prises dans le chapitre
135 (_dit. de Math. Gesner_).

La _fig._ 1 fait voir la machine entire, prise extrieurement,
c'est--dire la cuve, dite par Caton _trapetum_, et plus
particulirement _mortarium_. Au milieu on voit le cylindre
(_miliarium_), lequel s'lve au-dessus des bords de la cuve. Sur le
cylindre, est la barre (_cupa_) perce au milieu d'un trou o se trouve
un tube de fer (_fistula ferrea_), par lequel passe le pivot (_columella
ferrea_). Aux deux cts opposs du noyau, sont les deux meules
(_orbes_) qui sont fixes dans leur place par des chevilles de fer
(_clavi_)> enfin, dans le noyau qui se trouve entre les roues, sont deux
trous (_foramina dextera sinistraque_). En dehors de ces trous, sont
cloues ces petites plaques que Caton nomme _sublaminas pollulas
et minutas_, et qui ont pour but d'empcher que les trous ne
s'agrandissent, lorsqu'on y fiche les petites barres (_cup minuscul_),
reprsentes dans la _fig._ 2, o la machine est dessine en dessus.
Dans les _fig._ 3 _et_ 4, on a l'une des roues de face et de profil: on
y remarque le trou pour le passage de l'axe (_foramen orbis_), qui va
en se rtrcissant vers le ct plat. Caton ne parle point de cette
particularit que nous restituons d'aprs la machine de Stabie, et qui
devait exister, afin que le moyeu (_modiolus_), restt bien ferme dans
sa bote. Cette diffrence est rendue sensible dans la _fig._ 5, qui
montre la coupe de toute la machine: on voit au milieu le cylindre,
ayant au centre le pivot de fer, et le moyeu pris en long et dessin
sous diffrens aspects, _fig._ 7, 8 _et_ 9. Enfin, la _fig._ 6
reprsente la barre qu'on voit en place dans les _fig._ 1 _et_ 2; on a
fait le noyau quarr, parce qu'il est tel dans la machine de Stabie, et
qu'il semble aussi ne devoir pas tre autrement. Le dessous est garni
d'une plaque de fer (_tabula ferrea_). La partie de la barre qui entre
dans les moyeux, est revtue de quatre plaques recourbes (_imbrices
ferrei_), cloues avec de petits clous (_clavuli_); au bout de ces
plaques, est un fer (_ferrum librarium_), qui embrasse la barre, et
dans lequel est un trou pour y ficher la cheville qui retient les roues,
comme on le voit dans la _fig._ 1. Entre le clou et la roue, entre
celle-ci et la partie quarre de la barre, sont des rondelles de fer
(_armill ferre_), qu'on a tch d'indiquer dans les _fig._ 1 _et_ 2.

D'aprs toutes ces descriptions, on conoit facilement comment le
pressoir de Caton tait mis en mouvement. Deux hommes placs  chaque
extrmit de la barre, la faisaient tourner sur le pivot du cylindre,
et les deux meules qui se suivaient, crasaient les olives contre
les parois de la cuve et du cylindre, sans briser le noyau qui tant
trs-dur, n'prouvait pas pour cela assez de pression, quand on
observait dans la situation des roues la distance prescrite par Caton.
Il parat que les anciens crivains de l'conomie rustique, ont tous eu
l'opinion que la trituration du noyau donnait  l'huile un mauvais got
(Voyez _Caton, cap._ 66--_Colum. lib._ 12, _cap._ 50_, _et autres_). On
ne doit point en conclure qu'on prenait toujours la prcaution indique;
l'huile plus commune pouvait trouver son usage, sur-tout pour les
lampes, Caton parle lui-mme de meules de rechange pour remplacer
celles qui s'grenaient: ce qui ne pouvait gure avoir lieu que quand
on crasait les noyaux. Caton, aprs avoir donn les prceptes sur
la manire de construire un pressoir  olives, donne le dtail de la
dpense qu'il occasionnait; l'incertitude des rudits sur la valeur des
signes employs dans ce passage, ne permet pas de le connatre  fond.
Le mme auteur nous apprend qu'on tirait des meules des carrires
situes aux environs de Sessa, qui en fournissent encore aujourd'hui,
et de celles de Nola et de Pompia. On a reconnu, en effet, que notre
pressoir tait d'une lave trs-antique qui se trouve dans la situation
de cette ville, trs-au-dessus des terrains de Civita et de Rapillo,
jusqu'au fleuve Sarno. Indpendamment de la machine que nous avons
essay de dcrire avec la plus grande exactitude, on remarquera dans le
plan et les coupes (_pl. XLVI_) les vestiges de deux autres machines ou
pressoirs proprement dits, servant  exprimer l'huile des olives dj
tritures. Les deux vasques marques HI sur le plan, ont d faire partie
de ces pressoirs. Chacune des deux vasques, a, sur le ct oppos au
mur, un bord ou marge marque _a_, o il restait un conduit de plomb qui
aboutissait  un grand vase de terre cuite C. Le plan montre l'orifice
du vase; la coupe en montre la forme infrieure sur la ligne AB, et la
hauteur au-dessus du pav sur la ligne CD. Prs de la bouche de chaque
vase, s'lve un petit massif de maonnerie dont la surface est un
plan inclin; celui de droite est recouvert d'une tuile: ces massifs
faisaient probablement l'office d'gotoirs. Bans les vasques, sont
trois trous _d, e, f_, tous ayant un bord et une certaine profondeur
(comme on le voit dans les deux sections CD, EF) qui arrive  un petit
souterrain _g_, indiqu dans le plan et dans la coupe. On descendait
dans ce souterrain par le petit puits _h_. Chaque puits a un bord qui
s'lve un peu au-dessus du plan de la vasque: on voit un bord semblable
autour du trou _f_.  l'un des trous _d_, on voit un creux en forme de
niche, et enfin sur le pav de la vasque I, s'lvent quatre cercles de
fer, lis deux  deux, _i, i_. En combinant les traces du pressoir
sur le plan, c'est--dire les vasques, les vases de terre cuite, les
conduits en plomb, les trous, leur communication avec un souterrain, on
peut  l'aide de la description donne par Caton (_cap._)

[Illustration 168]



PLANCHE L.

_Carte pour servir  l'intelligence des dcouvertes d'Herculanum, de
Pompia, et des autres Villes antiques dtruites par les ruptions du
Vsuve._


En publiant cette dition des antiquits d'Herculanum, nous avons cru
devoir nous arrter au mme point o l'dition royale de Naples s'est
trouve suspendue. Un ouvrag de cette importance, commenc sur un si
beau plan, ne demeurera point, sans doute, imparfait. Les statues en
marbre, les ustensiles sacrs et domestiques, et d'autres antiquits,
doivent former diffrentes classes, et fournir la matire de plusieurs
autres volumes. Une grande partie de ces objets a t grave pour
l'dition originale; M. Piroli s'tait mis en mesure d'en suivre la
publication pas  pas; mais il a considr qu'il serait indiscret de
prvenir, pour ainsi dire furtivement, une entreprise digne d'tre
releve et encourage par l'auguste Souverain, devenu le possesseur de
ces trsors et des mines non fouilles qui en rclent encore d'aussi
prcieux. Nous partageons ce sentiment, et nous esprons que nos
lecteurs, en apprciant notre retenue, nous sauront aussi quelque gr
de l'empressement que nous mettrons  complter notre dition, aussi-tt
que nous pourrons nous permettre de le faire.

La carte que nous donnons ici ferme, en quelque sorte, le cdre que nous
avons adopt.

Elle montre la situation des villes antiques, dtruites par le Vsuve,
et desquelles nous avons eu occasion de parler dans cet ouvrag, comme
du thtre des dcouvertes. Il entre dans notre sujet de donner, sur
ces mmes villes, quelques notions historiques et gographiques; c'est
l'objet de l'article qui termine ce volume.




TABLE DES MATIRES
CONTENUES
Dans le 6e Volume des Antiquits d'Herculanum
(LAMPES ET CANDLABRES).





A

ACTAON se dfendant contre ses chiens,--Pl. 19, fig. II.

AIGLE dchirant un livre.--Pl. 3, fig. I.

ANIMAUX, (lampes ornes de figures ou de ttes d') emblmes du culte de
diverses divinits.--Pl. 10, fig. III, IV, V, VI; et Pl. 21.

APOTHOSE, d'un personnage inconnu. (Lampes exprimant l').--Pl. 18, fig.
I et V.

B

BAIN. (Deux personnages prparant un)--Pl. 23, fig. III.

BALADIN. (Lampe dont le couvercle est surmont d'une figure de)--Pl. 16.

BARQUE. (Lampe en forme de).--Pl. 8, fig. I.

BUF avec le _croissant_, emblme du culte gyptien.--Planch. 23, fig.
II.

C

CALEON. _Voyez_ BALADIN.

CANDLABRES  mcanisme, avec des figures en herms.--Pl. 35.--_Autres_
de diverses espces.----Pl. 36  45.

CARTE pour servir  l'intelligence de la dcouverte d'_Herculanum_, de
_Pompia_, et des autres villes anciennes, dtruites par les ruptions
du Vsuve.

CHANES. (Lampe de bronze suspendue avec des)--Pl. 24 et 25.

CHAUVE-SOURIS. (Lampe de bronze orne d'une)--Pl. 13, fig. III et IV.

CHIENS DE CHASSE.--Pl. 19, fig. IV.

CIGOGNE, symbole de la pit filiale.--Pl. 6, fig. II.

COLOMBES.--Pl. 22. fig. VII.

CONCORDE. (Symbole de la)--Pl. 19, fig. I.

COQS. (Combat de)--Pl. 6, fig. I.

COQUILLES, ornemens de lampes. Pl. 22, fig. III et IV.

COURONNES de chne, ornemens de lampes.--Pl. 8, fig. V.

CROISSANT, emblme de Diane. Pl. 12, fig. I et II.

CROIX. (Lampe curieuse, orne d'une)--Pl. 23, fig. I.

CYBLE et Attis.--Pl. 6, fig. III.

D

DAUPHINS sur des lampes consacres  des divinits marines.--Pl. 18,
fig. II, III et IV.

DIANE.--pl. 17, fig. IV.

DIEUX LARES des quartiers de Rome. (Lampe consacre aux)--Pl. 2, fig.
III.

DIEUX LARES domestiques. (Lampe consacre aux)--Pl. 17, fig. II.

DIVINITS (Les trois grandes) runies: Jupiter, Minerve et Junon. Pl. 1,
fig. I.

DIVINITS (Les trois grandes) gyptiennes: Isis, Osiris et Harpocrates.

E

ELPHANT sur une lampe, emblme d'une victoire.--Pl. 17, fig. III.

EPERVIER, lampe augurale.--Pl. 10, fig. I.

ETRENNES. (Lampe relative aux) Explication sur cet usage.--Pl. 3, fig.
III et IV.

F

FIGUIER. (Lampe en forme de feuille de) avec une figure au milieu.--Pl.
14, fig. III.

FORTUNE.--Pl. 1, fig. IV.

G

GNIE tenant un tendard.--Pl. 17, fig. I.

GNIE de la beaut.--Pl. 17, fig. VI.

GLADIATEUR, dit _Retiarius_, arm d'un filet.--Pl. 7, fig. I.

GLADIATEUR. (Plusieurs lampes reprsentant des)--Pl. 4.

GRIFFON, symbole du Soleil.--Pl. 12, fig. IV; pl. 15, fig. V.

GUTTUS, sorte de vase. (Lampe en forme de)--Pl. 8, fig. III et IV.

H

HERCULE avec sa grande coupe.--Pl. 2, fig. V.--vainqueur du Dragon qui
gardait les pommes d'or du jardin des Hesprides.--Pl. 3, fig. II.

HERCULE. (Gnie d')--Pl. 19, fig. II.

I

INSCRIPTIONS. (Lampes remarquables par des)--Pl. 20, fig. VI  XIV.

JOUET d'enfant. (Petite lampe considre comme un)--Pl. 15, fig. I.

JUPITER. (Lampe consacre )--Pl. 1, fig. II.

L

LAMPES. Leurs diffrentes espces. _Voyez_ l'Avertissement en tte du
volume.

LAMPADAIRES en bronzes.--Pl. 29,--_Autres_, portant des lampes.--Pl.
30.--_Autre_, ayant pour motif une figure grotesque.--Pl. 31.
--_Autres_, en forme de tronc d'arbre.--Pl. 32 et 33.--_Autre_, en
forme de colonnes.--Pl. 33.--_Autre_, avec un enfant sur le mme
pidestal.--Pl. 24.

LANTERNE, avec tous ses agrs.--Pl. 27.

LION sur des lampes.--Pl. 13, fig. II; pl. 22, fig. V.

LUMIGNON trouv dans une lampe de bronze.--Pl. 25, fig. IV.

M

MASQUES. (Lampes ornes de)--Pl. 9, fig. V et VI; pl. 14, fig. I  IV;
pl. 17, fig. V; pl. 20; pl. 22, fig. VII et VIII.

MOULIN, ou Pressoir  huile, trouv  Stabie. Plans et dtails.--Pl. 46
 59.

O

OIE. (Lampe en forme d')--Pl. 9. fig. II.

OIE touffe par un gnie. (Lampe de bronze, ayant pour ornement
une)--Pl. 11.

P

PGASE, symbole d'Apollon.--Pl. 12, fig. III.

POISSONS.--Pl. 13, fig. I; pl. 15, fig. II.

POULETS SACRS.--Pl. 11, fig. IV.

Q

QUADRIGE en pleine course.--Pl. 5, fig. II.

QUEUE pliante. (Lampe )--Pl. 28, fig. IV  VI.

R

RAT sur une lampe de bronze.--Pl. 23, fig. VIII et IX.

T

TAUREAU. (Chasse au)--Pl. 5, fig. I.

TRPIEDS en tronze, pour servir de support  des lampes.--Pl. 28, fig.
I, II et III.

V

VAISSEAU. (Lampes en forme de)--Pl. 22, fig. VI.

VASES pour le service des lampes, avec des anses trs-ornes.--Pl. 26.

VEILLEUSE. (Lampe faisant)--Pl. 18, fig. VIII, IX et X.

VICTOIRES.--Pl. II, fig. III.

VILLES _(Des anciennes) dtruites par les ruptions du Vsuve;
dissertation place  la suite de la CARTE._--Pl. 50.



_Fin de la Table._







DE L'IMPRIMERIE DE LEBLANC.

PLANCHES XXXVI et suivantes.



AVERTISSEMENT.

Les planches qui terminent cette livraison (nos XXXVI-XLII) et celles
qui doivent commencer la livraison prochaine, ne sont point susceptibles
d'une explication particulire. Nous relverons ce qu'elles peuvent
offrir d'intressant, en examinant dans un seul article ce genre de
monumens. Nous ne nous sommes point refuss  l'abondance des matires
lorsque le fonds en tait riche, comme il est arriv dans ce mme
volume; et nous avons rachet d'avance le vide que nous sommes obligs
de laisser ici. Nous aurons aussi occasion de nous tendre davantage
 la fin de ce volume, le sixime de ceux que nous avons annoncs au
public.


(_Le Relieur supprimera ce feuillet._)











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(Vol. 6 of 6), by Tommaso Piroli, Pietro Piranesi, and Francesco Piranesi

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electronic work or group of works on different terms than are set
forth in this agreement, you must obtain permission in writing from
both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and Michael
Hart, the owner of the Project Gutenberg-tm trademark.  Contact the
Foundation as set forth in Section 3 below.

1.F.

1.F.1.  Project Gutenberg volunteers and employees expend considerable
effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread
public domain works in creating the Project Gutenberg-tm
collection.  Despite these efforts, Project Gutenberg-tm electronic
works, and the medium on which they may be stored, may contain
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property infringement, a defective or damaged disk or other medium, a
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of Replacement or Refund" described in paragraph 1.F.3, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation, the owner of the Project
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LIABILITY, BREACH OF WARRANTY OR BREACH OF CONTRACT EXCEPT THOSE
PROVIDED IN PARAGRAPH F3.  YOU AGREE THAT THE FOUNDATION, THE
TRADEMARK OWNER, AND ANY DISTRIBUTOR UNDER THIS AGREEMENT WILL NOT BE
LIABLE TO YOU FOR ACTUAL, DIRECT, INDIRECT, CONSEQUENTIAL, PUNITIVE OR
INCIDENTAL DAMAGES EVEN IF YOU GIVE NOTICE OF THE POSSIBILITY OF SUCH
DAMAGE.

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If any disclaimer or limitation set forth in this agreement violates the
law of the state applicable to this agreement, the agreement shall be
interpreted to make the maximum disclaimer or limitation permitted by
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provision of this agreement shall not void the remaining provisions.

1.F.6.  INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the
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providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in accordance
with this agreement, and any volunteers associated with the production,
promotion and distribution of Project Gutenberg-tm electronic works,
harmless from all liability, costs and expenses, including legal fees,
that arise directly or indirectly from any of the following which you do
or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.


Section  2.  Information about the Mission of Project Gutenberg-tm

Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
electronic works in formats readable by the widest variety of computers
including obsolete, old, middle-aged and new computers.  It exists
because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
people in all walks of life.

Volunteers and financial support to provide volunteers with the
assistance they need, is critical to reaching Project Gutenberg-tm's
goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
remain freely available for generations to come.  In 2001, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
and the Foundation web page at https://www.pglaf.org.


Section 3.  Information about the Project Gutenberg Literary Archive
Foundation

The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
Revenue Service.  The Foundation's EIN or federal tax identification
number is 64-6221541.  Its 501(c)(3) letter is posted at
https://pglaf.org/fundraising.  Contributions to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
permitted by U.S. federal laws and your state's laws.

The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
throughout numerous locations.  Its business office is located at
809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
business@pglaf.org.  Email contact links and up to date contact
information can be found at the Foundation's web site and official
page at https://pglaf.org

For additional contact information:
     Dr. Gregory B. Newby
     Chief Executive and Director
     gbnewby@pglaf.org


Section 4.  Information about Donations to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation

Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
spread public support and donations to carry out its mission of
increasing the number of public domain and licensed works that can be
freely distributed in machine readable form accessible by the widest
array of equipment including outdated equipment.  Many small donations
($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
status with the IRS.

The Foundation is committed to complying with the laws regulating
charities and charitable donations in all 50 states of the United
States.  Compliance requirements are not uniform and it takes a
considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
with these requirements.  We do not solicit donations in locations
where we have not received written confirmation of compliance.  To
SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
particular state visit https://pglaf.org

While we cannot and do not solicit contributions from states where we
have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
against accepting unsolicited donations from donors in such states who
approach us with offers to donate.

International donations are gratefully accepted, but we cannot make
any statements concerning tax treatment of donations received from
outside the United States.  U.S. laws alone swamp our small staff.

Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
methods and addresses.  Donations are accepted in a number of other
ways including including checks, online payments and credit card
donations.  To donate, please visit: https://pglaf.org/donate


Section 5.  General Information About Project Gutenberg-tm electronic
works.

Professor Michael S. Hart was the originator of the Project Gutenberg-tm
concept of a library of electronic works that could be freely shared
with anyone.  For thirty years, he produced and distributed Project
Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.


Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
unless a copyright notice is included.  Thus, we do not necessarily
keep eBooks in compliance with any particular paper edition.


Most people start at our Web site which has the main PG search facility:

     https://www.gutenberg.org

This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
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